Charles Ridoux
Astrologie - Littérature - Tolkien
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Réflexions sur la prévision
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On proposera une réflexion sur les capacités et les limites de l’astrologie mondiale, dans son état présent, à poser des jalons qui permettent de préciser les défis prévisibles dans les prochaines années grâce à une approche combinant l’étude des cycles planétaires et les études de géopolitique.
 
Exercice prévisionnel dans le passé : la crise de 1914 et le déclenchement de la Première Guerre mondiale
 
Méthode de la démarche prévisionnelle
 
Certains croient que la pratique de l’astrologie mondiale – dont ils admettent l’éminente dignité puisqu’elle traite du destin collectif des peuples et des nations et non seulement du sort des individus – est de ce fait beaucoup plus difficile que la pratique de l’astrologie individuelle. Pour ma part, il m’a toujours semblé, mais peut-être est-ce dû à une tournure d’esprit particulière, qu’il était plus facile de pratiquer la mondiale que l’astrologie individuelle. Naturellement, la pratique de la mondiale exige une qualité assez peu répandue de nos jours, qui est la faculté de sortir de soi-même et de se libérer du poids de la quotidienneté pour entrer en résonance avec le vaste monde dans ses dimensions spatiales et temporelles les plus vastes. La relative « simplicité » de la pratique de la mondiale tient à la conduite d’une démarche raisonnée qui part de plus lent et du plus profond – la combinaison des cycles des trans-saturniennes - pour aller jusqu’au vibrionnement superficiel dont le cycle mensuel de la lunaison constitue l’aboutissement. C’est comme si nous avions à travailler avec deux plateaux emboîtés : en bas, celui des lentes, qui tourne sur lui-même selon un rythme de cinq siècles environ ; et en haut, celui des rapides, qui va du cycle mensuel de la lunaison aux cycles bi-annuels de MA et de VE. En fait, chacun des deux plateaux comporte deux zones, une plus lente et une plus rapide. Pour les lentes, nous avons le trio des trois tras-saturniennes, avec les cycles NE-PL, UR-NE et UR-PL, auxquels viennent s’adjoindre les cycles saturniens et jupitériens. Pour les rapides, on peut considérer d’une part le trio ME-VE-MA et d’autre part les luminaires, SO et LU. C’est le phénomène de l’ « emboîtement cyclique » qui fournit à l’astrologue son axe de travail. Et il convient de mettre en rapport les différences de durée de ces divers cycles avec ce que l’on pourrait appeler, à la suite de Fernand Braudel, les trois échelles temporelles de l’histoire. Ces trois échelles temporelles se retrouvent plus ou moins dans l’appréhension de la réalité historique par les historiens eux-mêmes : des phénomènes de longue durée, qui ressortissent à l’histoire des civilisations, et auxquels correspondent nos cycles des trans-saturniennes ; des phénomènes de moyenne durée, pouvant s’étaler sur quelques décennies, auxquels correspondent les cycles des lentes entre elles (JU-SA) ou avec les trans-saturniennes (cycles saturniens ou multi-cycles jupitériens) ; des conjonctures de courte durée, auxquels correspond le jeu des rapides au sein d’une configuration astrale de lentes.
C’est un sujet de méditation fécond pour le praticien de la mondiale que d’étudier la façon dont les historiens, selon leurs différentes écoles, apprécient le phénomène de la durée en histoire. Nous nous contenterons, pour le moment, de livrer cette citation de Fernand Braudel présentée par Yves Lenoble dans un ouvrage qui s’efforce d’appliquer l’approche cyclique développée par l’astrologie mondiale dans l’étude des thèmes individuels : 
 
Le passé n’est pas fait d’une succession simple d’événements mais de simultanéité de temps différents. Il y a le temps court à la mesure des individus, de la vie quotidienne, de nos illusions, de nos prises de conscience hâtives. Ce temps court, c’est celui du journaliste aux prises avec toutes les formes de la vie. Il y a un temps court économique, social, littéraire, institutionnel, religieux, géographique même, par exemple, un cyclone, une tempête. C’est le temps de la politique, au sens ordinaire du terme, et celui du fait divers. C’est ce que j’appelle le récit.
Et, à côté de ce récit, vous avez le passé par larges tranches, dominant l’événement, soit des périodes de dix, vingt ou cinquante ans. Cette étude du temps moyen, en général celui d’une vie ou d’une génération, est particulièrement nécessaire pour comprendre la vie économique et sociale qui évolue par cycles. Et l’on comprend qu’en s’attachant à ce temps les historiens aient été conduits à s’intéresser moins à la vie politique qui est surtout regardée du point de vue événementiel, dans la durée courte, qu’aux rythmes de l’évolution économique et aux métamorphoses des groupes sociaux.
Enfin il y a la longue durée, la tendance séculaire. Pour comprendre la longue durée, le plus simple est encore d’évoquer la contrainte géographique. L’homme est prisonnier, des siècles durant, de climats, de végétations, de populations animales, de cultures, d’un équilibre longuement construit dont il ne peut s’écarter sans remettre tout en cause. Voyez, au long des âges, quelques exemples entre mille : la place dans la transhumance dans la vie montagnarde, la permanence de certains secteurs de la vie maritime, l’enracinement des villes qui pose tant de problèmes aujourd’hui ; le tracé durable des routes et des grands axes du trafic. De la même manière vous constatez ces permanences dans la vie culturelle en découvrant, par exemple, la persistance de certains thèmes ou de certaines lignes de sensibilité à travers les générations. Et vous les constatez aussi dans le domaine des systèmes économiques. Grossièrement, nous sommes entrés, vers 1750, dans la civilisation industrielle, dont nous ne sommes pas encore sortis. Mais avant, du XIIIe au XVIIIe siècle, vous vous trouvez en face de quatre ou cinq siècles de vie économique qui, malgré de nombreux changements, présentent une cohérence certaine.[1]
 
La première chose que je m’efforce d’inculquer à mes étudiants, dans mes cours de mondiale, c’est bien cette conscience des rythmes différenciés de l’histoire, qui doivent conduire l’astrologue à user des outils conceptuels adaptés à l’ouverture plus ou moins large du champ de leurs investigations. On peut ainsi, sur une longue durée, étudier des séries de triples cycles NE-PL qui découpent, dans le temps long de l’histoire des civilisations, des tranches historiques de 1500 ans environ. L’historien belge Jacques Pirenne a tendance à voir, dans l’histoire de l’Egypte ancienne, se dérouler des périodes d’une telle durée.[2] Pour des études de moyenne durée, l’astrologue peut utilement prendre comme échelle de mesure le temps d’un cycle UR-PL (celui de 1343 à 1456, par exemple, pour la Guerre de Cent Ans) ou le temps d’un cycle SA-PL (celui de 1914-1947, pour ces deux guerres civiles européennes que furent la Première et la Seconde Guerre mondiale, comparables, à bien des égards, à la tragique guerre du Péloponnèse qui fut la cause de l’effacement politique des Grecs devant la puissance romaine). Les interférences des rapides sur une configuration donnée de lentes permettront l’analyse d’une crise de brève durée, comme celle de Mai 68 par exemple.


 
¨       Durant les décennies de 1380-1390 : transit d’UR sur la conjonction NE-PL en formation (1399).
 
 
 
¨       Début des années trente : triplice dissonante SA-UR-PL (carré involutif UR-PL).
 
 
 
¨       Entrée dans la crise : conjonction SA-NN en Bélier et MA dissonant au carré JU-NE.
¨       Première phase : transit des rapides sur le carré JU-NE (la crise étudiante).
¨       Deuxième phase : transit des rapides sur zone de la conjonction UR-PL (la crise sociale).
¨       Rétrogradation de ME dans la zone de la conjonction UR-PL : fin de la crise lorsque ME redevient direct).
¨       PL du 12 mai dans la zone JU-NE et PL du 10 juin au carré de PL.
 
Application à la crise de 1914
 
Tentons maintenant une expérience et mettons-nous dans la peau d’un astrologue qui, en 1912, pratiquerait la même méthode d’investigation prévisionnelle que la nôtre mais ne disposerait pas, naturellement, de la connaissance des événements tels qu’ils se sont déroulés en 1914. Que donnerait la stricte application de notre méthode ?
 
 
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En premier lieu, nous dresserons le tableau des éphémérides graphiques pour la période 1913-1915, en nous limitant à SA et aux trans-saturniennes afin d’avoir une idée du tableau de fond. En principe, nous travaillons d’abord à une échelle de H4, qui permet de distinguer aisément les conjonctions, les oppositions et les carrés ; mais ici, le tableau en H8 révèle l’existence, durant cette période, de deux aspects – un sesqui-carré SA-UR et un semi-carré SA-NE qui viennent au relais de l’opposition UR-NE, pièce maîtresse de cette période avec la conjonction SA-PL au début du Cancer. C’est donc sur cette échelle de H8 qu’il conviendra d’étudier les schémas plus détaillés que nous examinerons par la suite. Un premier point à relever : l’astrologue se doit de conjoindre l’esprit de finesse à l’esprit de géométrie, et le choix d’un cadre approprié, d’une échelle adaptée aux configurations célestes en cours, relève de cet esprit de finesse.
 
 
 
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Une précision relative au cycle UR-NE. Les deux guerres franco-allemandes de 1870 et de 1914-1918 s’inscrivent à deux étapes majeures de ce cycle UR-NE : le carré en 1870, à 18° Bélier-Cancer ; puis l’opposition qui est exacte de 1906 à 1910, mais qu’il faut élargir aux deux phases du quindecile évolutif (de 1899 à 1902) et du quindecile involutif de 1914 à 1918). Cet aspect « mineur » apparaît en quelque sorte apporter la réalisation de ce qui est signifié par l’opposition.
 
 
 
 
 
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Dans une deuxième étape, nous allons insérer dans ce schéma des lentes, toujours sur une échelle de H8 mais en nous limitant maintenant à l’année 1914, les interférences jupitériennes et martiennes. Nous voyons apparaître ainsi en janvier l’opposition JU-NE relayée par des dissonances saturniennes (semi- et sesqui-carré), et surrtout, en mars, la conjonction JU-UR qui est, avec la conjonction SA-PL du 4 octobre et du 1er novembre (un troisième passage ayant lieu le 19 mai 1915), le morceau de choix de l’année 1914.
A partir de ce tableau, quel pourrait être le raisonnement prévisionnel ? L’opposition de fond UR-NE, qui est en orbe durant près d’une décennie, marque la polarisation des forces politiques qui s’affrontent dans deux camps rivaux ; notre astrologue hypothétique de 1912 connaît les funestes traités d’alliance dont l’automatisme va déclencher finalement un conflit suicidaire : France, Angleterre et Russie d’un côté ; Allemagne, Autriche-Hongrie et Italie de l’autre.  Notons au passage qu’une configuration de même nature se produira, au XXIe siècle, avec l’opposition UR-NE aux alentours de 2080. Le cycle UR-NE franchit entre 1914 et 1918 la phase du quindecile suivant l’opposition : c’est une période où les tensions indiquées par l’opposition ont une dernière possibilité de se manifester avec force. La prédiction de la menace d’un conflit généralisé à ce moment-là aurait donc été possible à une double condition : la première, d’ordre purement astronomique, de prendre appui sur les indications fournies par le cycle UR-NE ; la seconde, d’ordre géopolitique, de considérer le jeu d’alliances entre les puissances européennes comme susceptible de jeter les deux blocs dans un conflit dont personne, au fond, ne voulait vraiment et qui, dans ses conséquences, a été funeste pour tout le monde.
Deuxième étape du raisonnement prévisionnel : sur cette toile de fond du cycle UR-NE, intégrer les deux conjonctions majeures de l’année 1914, celle de JU-UR en mars et celle de SA-PL en octobre-novembre. La première, qui comporte en elle-même une signification d’expansion explosive, n’est pas, en tant que telle, attachée à une signification guerrière ; mais ici, elle pourrait fonctionner comme une sorte de déclencheur de la conjonction SA-PL, beaucoup plus lourde et annonciatrice de restructurations en profondeur (sans que la nature de ces restructurations soit, en elle-même, de caractère guerrier). De fait, le relais de l’opposition UR-NE est porté jusque sur la ligne de PL par SA ainsi que par JU qui forment, en août et fin novembre, une quadruplice redoutablement dissonante. Notamment, l’impact explosif de la conjonction JU-PL est comme transporté par JU dans le cadre de la lourde tension constituée par la conjonction SA-PL au début du Cancer (JU en Verseau se situant au sesqui-carré de la conjonction SA-PL).
 
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C’est à ce point que la prise en compte des interférences martiennes peut orienter vers un pronostic de conflit potentiel. En effet, la charge dynamique, véhiculée par la rétrogradation de MA, touche d’abord en avril l’opposition SA-NE en voie de dissolution, puis atteint fin mai PL sur le Point Apex (0° Cardinal), avec le semi-carré MA-PL à 0° Cancer. Le transit de MA en Balance, à la mi-août, est particulièrement puissant, puisqu’il se situe au carré de la conjonction SA-PL et active en même temps la dissonance avec JU par sesqui-carré. Mais l’élément qui contribue à orienter la prévision vers un pronostic belliqueux, c’est la constitution, avec ce transit martien sur la conjonction SA-PL, d’une triplice MA-SA-PL que l’on voit souvent à l’œuvre dans un contexte guerrier. Tel était le cas, par exemple, lors de la guerre franco-prussienne de 1870, avec le carré MA-SA formant un double sesqui-carré avec PL en Taureau fin décembre 1870 et début janvier 1871.
Ainsi, un astrologue appliquant une démarche prévisionnelle fondée sur une stricte hiérarchisation des cycles planétaires et sur l’emboîtement des interférences cycliques allant des planètes les plus lentes aux rapides, aurait pu, sur la simple prise en considération de quelques éléments – l’opposition UR-NE, les deux conjonctions SA-PL et JU-UR, et les transits martiens consécutifs à une rétrogradation de MA aboutissant à une triplice MA-SA-PL, pronostiquer le risque d’une guerre entre deux coalitions rivales qui s’étaient constituées peu à peu au long de la montée du cycle UR-NE vers la phase de l’opposition. En outre, en tenant compte de la durée de l’aspect de quindecile (165°) entre UR et NE, ce même astrologue - pour peu qu’il ait eu, dans le grand livre du ciel planétaire, une foi à déplacer les montagnes – aurait pu se risquer à envisager une guerre de longue durée, de 1914 à 1918… Voilà qui laisse songeur sur les possibilités de notre art d’Uranie, quand l’astrologue veut bien s’effacer devant les astres et s’en tenir à un tableau aussi épuré que possible.
Et cependant, même armé de pied en cap dans ces solides fondations méthodologiques – qui ne sont autres, en somme, qu’un résumé de la pratique de la mondiale par André Barbault durant plus de soixante ans – notre astrologue de 1912 n’aurait pu porter ce diagnostic, pour la simple raison qu’alors PL n’avait pas encore été découvert et ne faisait donc pas encore partie de l’outillage du spécialiste de la mondiale. En 1912, un astrologue aurait pu tenir compte de l’opposition UR-NE mais, ne voyant pas la conjonction SA-PL de l’automne, il aurait sans doute fondé son jugement sur le transit dissonant de SA à cette opposition (s’étendant de l’été 1913 à l’été 1914), ainsi qu’à la conjonction JU-UR de mars 1914. La dissonance saturnienne à l’opposition UR-NE étant constitué d’un semi- et d’un sesqui-carré, et non point d’un carré, il est probable que le pronostic eût été moins tranché. Et le transit jupitérien qui va porter les tensions de la conjonction JU-UR de mars 1914 à la conjonction SA-PL de l’automne lui aurait échappé.
Cette situation, où après-coup, en fonction des connaissances nouvelles dont dispose l’astrologue d’aujourd’hui en raison de la découverte de nouveaux facteurs planétaires, évoque de manière frappante le tableau de la Révolution française, qui s’inscrit dans la mouvance de la découverte d’UR en 1781. Un astrologue qui aurait examiné les astralités du 22 septembre 1792, le jour même où fut proclamée la République, aurait naturellement relevé les positions angulaires de JU à l’AS opposition à SA au DS ainsi que la culmination d’UR au MC. Certes, ce tableau est déjà éloquent, et l’on y trouve la triplice caractéristique des diverses Républiques qui se sont succédées jusqu’à nos jours (JU-SA-NE). Mais le tableau devient beaucoup plus profond et plus puissant avec l’introduction de NE en conjonction de JU (et opposé SA) et de PL au FC en opposition d’UR. La Révolution française repose ainsi sur la double opposition des cycles SA-NE et UR-PL.
 
 
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Et l’on peut alors dresser un tableau instructif de la marche vers la période révolutionnaire, un tableau cyclique riche et complexe, dont la logique se déploie dans le cadre du transit d’UR allant de NE (carré involutif UR-NE de 1784) à PL (opposition UR-PL de 1793).
 
 
 
 
 

 ¨       Un tableau cyclique riche et complexe, dont la logique se déploie dans le cadre du transit d’UR allant de NE - carré descendant UR-NE de 1784 - à PL - opposition UR-PL de 1793.

¨       Dans ce cadre jouent les interférences saturniennes et jupitériennes, à partir de la conjonction JU-SA de 1782 à 0° Capricorne (importance du Point Aries).
¨       Transits de JU et de SA sur le pôle neptunien en 1783 (Traité de Paris, qui reconnaît officiellement l’indépendance américaine) puis sur le pôle plutonien en 1786 (entrée de la phase révolutionnaire en France), puis à nouveau sur le pôle neptunien en 1791-1792 (la révolution dans le cadre de la monarchie constitutionnelle) et enfin sur le pôle plutonien de fin 1792 à 1794 (la République et la Terreur).
¨       Période révolutionnaire inscrite dans le cadre d’un cycle JU-PL (de 1783 à 1796) et au début d’un nouveau cycle SA-PL qui commence avec la conjonction de 1786.
¨       En outre, une conjonction JU-UR en 1789 et une conjonction JU-NE en 1792.
¨       Conjonction JU-UR de 1789 au mi-point NE/PL.
 
Il nous faut donc, dans nos travaux actuels, demeurer conscients de la possibilité de découverte de nouveaux facteurs planétaires susceptibles de modifier le tableau cyclique d’ensemble. Une trans-plutonienne, par exemple, ferait apparaître dans le long cours des l’histoire des civilisations des cycles qui pourraient se révéler plus englobants que les cycles NE-PL d’une durée de cinq siècles. Mais ces autres facteurs planétaires peuvent aussi bien se présenter à l’intérieur de notre système solaire étendu jusqu’à PL ; on en a un bel exemple avec la découverte de Chiron en 1977, dont la prise en compte en astrologie mondiale n’a pas encore reçu toute l’attention qu’elle mérite. En témoignent les passionnantes recherches d’un confrère et ami belge, Benoît de Meester, qui, depuis des années, explore les relations entre les cycles chironiens et les destinées d’une multitude de familles royales et princières d’Europe. Mon plus vif souhait est que ces travaux soient prochainement publiés et offerts à l’attention des astrologues et des historiens.
 
Le décalage entre l’algèbre céleste et la pâte des événements terrestres
 
Nous avons vu, avec l’exemple de l’année 1914, que l’astrologie permet de comprendre, avec des moyens relativement simples – une opposition (UR-NE), deux conjonctions (JU-UR et SA-PL) et un quindecile (UR-NE, de 1914 à 1918) – l’inscription céleste d’un conflit aussi important que la Première Guerre mondiale. (On pourrait ajouter à ces facteurs le diagramme de l’Indice cyclique, mais nous laisserons ici de côté ce précieux indicateur, qui mériterait une étude complète). A ce niveau de simplicité et de généralité, il est possible à l’astrologue d’avancer une prévision de grande valeur, comme en a témoigné le succès prévisionnel d’André Barbault relatif à l’année 1989 en relation avec le renouvellement du cycle SA-NE. Mais il devient périlleux de chercher une prévision plus fine et plus circonstanciée des événements. Il faut absolument que l’astrologue se pénètre bien de l’idée d’un décalage entre l’algèbre céleste, donnée par l’état des cycles planétaires durant une période donnée, et la pâte des événements terrestres, qui ne vient que rarement s’inscrire au moment même d’une configuration éloquente des planètes lentes. Ce n’est qu’après-coup que l’on peut s’émerveiller du jeu subtil des interférences des rapides et des harmoniques que peuvent révéler, par exemple, la prise en compte de certains mi-points ou l’intrication cyclique mettant en jeu plusieurs cycles planétaires tout au long de leurs diverses phases, de la conjonction parfois lointaine jusqu’à l’aspect précis (parfois « mineur ») qui accompagne un événement historique. Le regretté Charles Harvey a donné maints exemples de l’harmonie éblouissante inscrite dans la toile des cycles planétaires mis en rapport avec les astralités de la Seconde Guerre mondiale.
Le pronostic de risque de guerre apparaît vraisemblable pour l’année 1914 – à condition, naturellement, de connaître l’existence de PL, donnée qui n’était pas alors accessible aux astrologues d’avant 1930. Dans le cadre d’une démarche rationnelle de hiérarchisation des cycles, il eût été même possible de cerner le moment du déclenchement de la guerre, au début août. C’est en effet entre le 12 et le 17 août 1914 que le sesqui-carré MA-JU vient appliquer sur la conjonction SA-PL (pronostic que pourrait renforcer la conjonction, ce jour-là, de la LU à SA-PL).


 
 
 
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Mais, en fait, c’est le 2 août, et non le 17, que la guerre a éclaté. Et l’entrée dans la crise fatale s’est produite, comme chacun sait, le 28 juin précédent, lors de l’assassinat de l’archiduc Ferdinand, héritier présomptif de l’empire d’Autriche-Hongrie, en visite à Sarajevo. Il est vraiment bien peu probable, me semble-t-il, qu’un astrologue ait pu, à l’avance, mettre le doigt précisément sur ces deux dates.
Il n’empêche que la date cruciale du 17 août fut marquée par un événement considérable. Alors même que se déroulait, sur le front Ouest, la fameuse bataille de la Marne, le sort de la guerre se jouait en même temps à l’Est, en Prusse-Orientale. Le sacrifice d’une armée russe a sans doute permis aux troupes franco-britanniques de tenir sous le choc et a contraint, durant cette première phase très active et mobile de la guerre, les Allemands à maintenir des forces considérables sur leur front est, de crainte de voir Berlin tomber aux mains des Russes au moment même où les troupes allemandes s’approchaient dangereusement de Paris. Alexandre Soljénitsyne a dressé, dans le premier volume de son immense épopée intitulée La Roue Rouge, un tableau saisissant de cet engloutissement des cent mille hommes de l’armée Samsonov dans les forêts sablonneuses de Prusse-Orientale, là-même où, cinq siècles plus tôt, les Slaves avaient repoussé l’invasion des Germains lors de la bataille de Tannenberg (15 juillet 1410).
 
 
 
 
 
 
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La leçon à tirer de cet exemple relatif à la Première Guerre mondiale, c’est que l’astrologie mondiale doit soigneusement distinguer deux démarches complémentaires : d’une part, une démarche prévisionnelle, fondée essentiellement sur les évolutions cycliques des planètes lentes, et qui a tout intérêt à demeurer à un certain niveau de généralité, intermédiaire entre l’algèbre des positions célestes et la pâte des événements terrestres, sans chercher à cerner de trop près les circonstances particulières des événements eux-mêmes. D’autre part, après-coup, une fois le drame historique accompli, l’analyse peut se déployer pour mettre en valeur les extraordinaires harmoniques célestes qui éclairent les événements accomplis de multiples significations insoupçonnées et qui débouchent sur une méditation d’ordre métaphysique concernant l’ordre du monde, la nature du temps et de l’éternité.
 
Exercice prévisionnel dans le futur : la crise de 2010-2015
 
Le carré UR-PL, pièce maîtresse de cette période
 
Tournons-nous maintenant vers un futur proche, afin d’illustrer notre démarche prévisionnelle sans avoir le garde-fou de la connaissance des événements dont bénéficie l’historien. Notre point de départ sera  l’examen des configurations des lentes autour de la pièce maîtresse de cette période, à savoir le carré UR-PL, qui s’inscrit dans la phase évolutive qui conduit de la conjonction de 1965 à l’opposition de 2046-2048. Une première figure-clé de cette période est donnée par le thème de l’opposition SA-UR du 26 juillet 2010, impliquant un nombre impressionnant de cycles majeurs.
 
 
 
 
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Suivant un ordre hiérarchique allant des trans-saturniennes aux interférences saturniennes puis jupitériennes, nous relevons les aspects cycliques suivants :
 
¨       Le carré UR-PL (dernière conjonction en 1965).
¨       Le carré SA-PL (dernière conjonction en 1982).
¨       L’opposition SA-UR (dernière conjonction en 1988).
¨       La conjonction JU-UR (conjonction précédente en 1997)
¨       L’opposition JU-SA (conjonction précédente en 2000).
¨       Le carré JU-PL (conjonction précédente en 2007).
 
 
 
 
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La conjonction de MA à SA vient ajouter à ce tableau impressionnant une touche supplémentaire de tension extrême et suractivée, avec les deux triplices explosives MA-SA-PL et MA-JU-UR. L’impact de ces astralités est encore renforcé par leur position sur le « Point Gamma » (0° Bélier pour la conjonction JU-UR et 0° Balance pour SA). C’est chacun des éléments de cet extraordinaire échiquier planétaire qu’il faudrait analyser de près avant de livrer un jugement prévisionnel ; mais, dans un ensemble si complexe, il me semble préférable de ne prendre d’abord en compte que les éléments les plus lourds du tableau, c’est-à-dire le carré en T formé par SA-UR-PL (sachant que le pôle UR est renforcé par la conjonction de JU). Ensuite pourra venir la conjonction JU-UR ainsi que les autres interférences jupitériennes à SA et à PL.
Ajoutons que, pour éclairer notre démarche prévisionnelle, nous disposons en l’occurrence d’une étude récente d’André Barbault lui-même. En effet, il est paru en 2004 une réédition de son livre de 1979 sous le titre Introduction à l’astrologie mondiale[3], dans lequel l’auteur ajoute un « Avant-propos » et une annexe consacrée à « la crise mondiale de 2010 ». Le premier élément d’analyse que prend en compte André Barbault est le fait que les cycles des trans-saturniennes se trouvent tous trois, depuis la conjonction UR-NE de 1993, en phase évolutive – et ceci jusqu’à l’opposition UR-PL de 2048. Il en tire un pronostic de croissance globale s’étalant durant toute la première moitié du XXIe siècle et associe la dernière conjonction UR-NE au phénomène de la « mondialisation ». Dans ce tableau prometteur, la crise de 2010 apparaît comme le premier rendez-vous historique majeur du XXIe siècle. André Barbault commence par écarter un pronostic de Troisième Guerre mondiale dans le sens d’un conflit traditionnel entre grandes puissances susceptibles de recourir à l’arme atomique. Dans la mesure où, dans la pensée de Barbault, le cycle JU-SA concerne l’Europe et le cycle SA-UR les Etats-Unis, l’opposition de SA à la conjonction JU-UR lui apparaît comme l’indice d’une crise d’un seul tenant impliquant à la fois l’Europe et les Etats-Unis. On peut certainement associer la dernière conjonction SA-UR de 1988 avec l’accession des Etats-Unis au rang de seule super-puissance mondiale ; le moment de l’opposition pourrait alors marquer un coup d’arrêt à une expansion continuelle durant la phase ascendante du cycle. Pronostic d’autant plus crédible que le trio dissonant JU-SA-UR est généralement en relation avec des crises économiques et avec des guerres. Pour André Barbault, le plus probable est donc pour 2010 « l’éclatement d’une crise économique de grande envergure, les deux puissances américaines et européennes étant plus particulièrement exposées à cette épreuve majeure »[4].
Nous avons jusqu’ici travaillé sur la ligne de l’opposition de SA à la conjonction JU-UR. Il nous faut mat raccrocher à notre analyse l’élément plutonien qui forme l’apex du carré en T. Dans ses écrits, André Barbault rattache le cycle SA-PL à la Chine et le cycle UR-PL au Japon. Pour ma part, dans un chapitre de mon ouvrage Evolution géopolitique mondiale consacré à la Chine, j’ai mis en valeur la triplice SA-UR-PL, présente constamment dans l’histoire moderne de ce pays au moins depuis la guerre de l’opium en 1840. Si l’on se tourne vers les enseignements de la géopolitique, on observera que l’épicentre des relations internationales tend à se situer de plus en plus au cœur de l’Asie, où un « Grand Jeu » met aux prises les puissances les plus considérables de notre temps : à la suite des attentats de New York du 11 septembre 2001, les Etats-Unis se sont installés au cœur de l’Asie, prenant appui sur l’Afghanistan et sur le Pakistan ; les visées de la super-puissance semblent porter à la fois en direction de la Russie envers laquelle les Etats-Unis appliquent, selon une doctrine énoncée jadis par Zbigniew Brzezinsky, une politique de containment (de refoulement), mais aussi en direction de la Chine, dans la perspective d’une confrontation inévitable dans le cours du XXIe siècle. Ne pourrait-on pas dire que l’affrontement sino-américain a déjà commencé, sous la conjonction UR-PL de 1965, au moment de la guerre du Vietnam (à la suite de la guerre de Corée au début des années cinquante) ? Le prochain carré UR-PL pourrait réactiver cette tension (que ce soit à propos de Taïwan ou sous un autre prétexte). Par ailleurs, on assiste, durant le printemps 2005, à un vif regain de tension entre la Chine et le Japon, dont la véritable raison est sans doute l’éventualité de l’attribution à ce dernier, à l’automne prochain, d’un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU qui ôterait à la Chine le monopole de sa représentation de l’Asie dans cette tribune internationale. Faut-il voir dans ce frémissement les prodromes d’une confrontation beaucoup plus vive au tournant de 2010 ? D’un autre côté, le carré SA-PL accompagne les conflits récurrents entre l’Inde et le Pakistan au sujet du Cachemire ; la possession, par ces deux puissances, de l’arme atomique a sans doute joué, au moment de l’opposition SA-PL de 2001-2002, le rôle « d’équilibre de la terreur », empêchant le déclenchement d’une nouvelle guerre, alors que des centaines de milliers de soldats campaient déjà aux frontières. En sera-t-il de même lors du carré involutif de 2010 et sous la prochaine conjonction SA-PL de 2020 ?
 
Un des défis les plus redoutables pour l’astrologue, c’est la juste définition des phénomènes concernés au moment d’une grande conjonction ; le plus souvent, les choses ne deviennent claires que lors des phases ultérieures du cycle, après le carré et le trigone évolutif. Quelles sont donc les « promesses » de la conjonction UR-PL de 1965 ? Nous nous trouvons à ce moment à la racine de l’explosion informatique qui va transformer de fond en comble le fonctionnement de la société et les modes de vie de tous les peuples de la planète ; c’est à ce tournant aussi que s’insère une crise généralisée des valeurs et des institutions qui aboutit à atomiser les individus et à les formater, si l’on peut dire, aux exigences de la mondialisation qui se développera surtout à partir de la conjonction UR-NE de 1993. Mais c’est aussi, ne l’oublions pas, le moment où, en Chine, se déroule une révolution culturelle qui dévaste l’héritage multiséculaire d’une des plus anciennes civilisations et brise la vie de millions de personnes[5]. Il est intéressant de mettre en parallèle l’opposition de SA à UR-PL de 1965-1966 avec la triple conjonction SA-UR-PL de 1850 qui a accompagné la célèbre révolte des Taiping, aggravée par des insurrections paysannes et par des révoltes musulmanes dans le Turkestan chinois. Cette vague de soulèvements populaires causa, entre 1850 et 1870, des millions de morts en Chine. Si l’on admet que le phénomène né au moment de la conjonction se trouve confronté, sous la phase du carré évolutif, à une difficulté de réalisation dans le monde, on peut envisager durant la période du carré évolutif UR-PL de 2010-2015, d’une part, une période difficile pour le régime communiste toujours au pouvoir à Pékin, d’autre part, une secousse ou une série de contraintes poussant à adapter notre environnement technologique et informatique aux exigences  de la nature. Peut-être aussi que la décomposition des valeurs en cours depuis le milieu des années soixante se heurtera à d’autres aspirations exprimées par les générations nées au moment de la conjonction UR-NE de 1993 et lors du transit de JU à cette conjonction en 1997.
 
Le tableau de la période 2010-2015
 
Si nous voulions prolonger et affiner l’analyse de la période du carré UR-PL, il faudrait maintenant insérer, à partir des astralités inaugurantes de 2010, le tableau des interférences saturniennes et jupitériennes, puis examiner de près les rétrogradations de MA et les concentrations de rapides pour chacune des années concernées. Il serait fastidieux de se livrer ici à ce long et minutieux examen, mais nous pouvons tout de même jeter un coup d’œil sur le tableau général de l’évolution cyclique entre 2009 et 2016.
 
 
 
 
¨       Au cœur de cette période : le transit de JU sur le carré UR-PL en 2013.
¨       Ouverture de la période : le transit de JU sur l’opposition SA-UR au carré de PL.
¨       Clôture de la période : le transit de JU sur le carré SA-NE.
 
Nous nous contenterons, pour conclure, de rappeler qu’il convient de ne pas oublier un autre facteur d’importance dans le tableau cyclique de cette période, en tout cas jusqu’en 2011 : je veux évoquer ici le septile NE-PL, qui est en orbe depuis décembre 2001 et jusqu’en février 2011. Rappelons que le septile et ses multiples, résultant de la division du zodiaque en sept, est relié à une notion de « fatalité », d’accès à la compréhension d’une dimension supérieure, de prise de conscience de la vérité fondamentale qui repose dans la conjonction du cycle planétaire concerné.
Le cycle NE-PL se trouve, dans la seconde moitié du XXe s. et au cours du premier tiers du XXIe s. osciller entre deux phases de sextile (60°) et de septile (51°30). A notre connaissance, la distinction entre ces deux phases n’a guère été relevée par les spécialistes de la mondiale[6]. André Barbault a mis l’accent sur le rôle protecteur du sextile (épargnant, selon lui, à la planète une guerre atomique). La phase de 51°30 - qui sera exacte de 2001 à 2011 et sera suivie d’une nouvelle phase de sextile, de 2026 à 2032 - devrait s’interpréter en fonction de la signification particulière du septile dans le déroulement cyclique. Selon Charles Harvey, le nombre 7, auquel doit se rattacher le septile, se rapporte à l'influx d'inspiration, une sorte de vision plus haute qui provient de la perception de l'unité, de la globalité de l'idée derrière les parties qui l'expriment.
Il se trouve que le début de cet aspect « mineur » s’est produit au moment de l’opposition SA-PL de 2001-2002, tandis que la fin de ce septile se produira au moment du carré involutif SA-PL de 2010. Il se pourrait bien que ce septile NE-PL concerne notamment des innovations importantes dans le domaine scientifique et technique. Siganlons deux événements scientifiques qui se sont produits au moment de l’ouverture de cette longue phase du septile NE-PL en 2001 : le premier clonage d’un embryon humain (26 novembre 2001) et la découverte de la première planète extra-solaire dotée d’une atmosphère (28 novembre). Sur un autre plan, on pourrait évoquer la sortie sur les écrans, le 1er décembre 2001, du film de Peter Jackson s’inspirant du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien ; la chose est d’autant plus remarquable que c’est durant la première phase du septile, entre 1937 et 1942, que Tolkien a rédigé le premier jet du Seigneur des Anneaux.[7] Dans mon livre Tolkien, le Chant du Monde, je mets en perspective toute l’étendue du Légendaire de Tolkien et toute la profondeur de sa vision, qui s’inscrit parfaitement, me semble-t-il, dans l’esprit de la conjonction NE-PL de 1891 dont Tolkien était lui-même un natif.[8]
 
 
 
 
 
 
¨       De mai à juillet 2010 : SA/PL=NE
 
 Charles Ridoux
Amfroipret, le 21 avril 2005 
 
Annexe  -  les cycles UR-PL de 1710-1850 et 1850-1965
 
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Si le carré UR-PL est bien la pièce maîtresse de la configuration de 2010, il faut, pour prendre une juste mesure de son impact possible, remonter à des configurations semblables dans le passé et juger de leurs effets sur les événements. Nous nous limiterons ici aux deux derniers cycles achevés, celui qui va de 1710 à 1850, et celui qui va de 1850 à 1965 (les cycles UR-PL ont une durée de 115 ans ou de 140 ans, en fonction de la vitesse inégale du transit de PL dans les signes du Zodiaque). Le cycle de 1710 à 1850 ponctue des affrontements belliqueux majeurs ; il commence au cœur de la Guerre de Succession d’Espagne, le dernier conflit opposant Louis XIV à une redoutable coalition européenne animée par l’Angleterre et l’Autriche ; le carré évolutif de 1755-1758 se situe au début de la Guerre de Sept Ans qui oppose sur mer la France et l’Angleterre et sur terre la Prusse aux autres puissances européennes ; par le Traité de Paris de 1763, la France perdra l’essentiel de ses colonies (le Canada et l’Inde) ; l’opposition de 1792-1794 accompagne la guerre révolutionnaire lancée à toute l’Europe par une France plongée dans la Terreur jacobine. Le cycle suivant, de 1850 à 1965, ne semble pas pouvoir être associé de la même façon, aux conflits entre grandes puissances ; André Barbault a attiré l’attention sur le fait que, durant la phase évolutive de ce cycle (de 1850 à 1902), l’on assiste à une expansion de la population européenne à travers le monde entier, tandis que durant la phase involutive (après le double tournant de la Guerre des Boers et de la révolte des Boxers en Chine) c’est le repli démographique européen qui accompagne les diverses phases de la décolonisation.


[1] Lenoble Yves, Initiation à la pratique des cycles planétaires, Éditions de l’ARRC, 1994, pp. 14-16.
[2] Pirenne Jacques, Les grands courants de l’histoire universelle, I. Des origines à l’Islam, Editions de la Baconnière, Neuchâtel, 1945
[3] Barbault André, Introduction à l’astrologie mondiale, La prévision historique par la connaissance des rythmes du cosmos, Editions du Rocher, Paris, 2004.
[4] op.cit., p. 368.
[5] Courtois Stéphane, Le ivre noir du communisme. Crimes, terreur, répression, Robert Laffont, Paris, 1997, pp. 573-574.
[6] Signalons cependant une intéressante étude de Tim Tarriktar « The Neptune-Pluto Cycle and the Next Seven Years », The Mountain Astrologer, n° 115, June/July 2004, pp. 27-33 et 87.
[7] Ridoux Charles, « Autour du thème de J.R.R. Tolkien », Cahiers d’Univers-Site, n° 54, août 2003 et n° 56, octobre 2003.
[8] Ridoux Charles, Tolkien, le Chant du Monde, Encrage/Les Belles-Lettres, 2004.
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