Charles Ridoux
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Astralités de 2008
Astralités de 2008 
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Article publié dans De Sphaeris n° 4,
le 28 décembre 2007
 
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L’échelle temporelle de l’astrologie mondiale
 
Quel est le temps de l’astrologue ? Quelle est l’échelle temporelle la mieux appropriée pour une analyse qui combine l’étude des interférences entre les cycles planétaires – et d’abord ceux des lentes, de JU à PL – et les données de la géopolitique en vue d’appréhender les évolutions probables et le positionnement des grandes puissances dans le jeu des relations internationales ? Certainement pas le temps long des civilisations, cher à Fernand Braudel, où la donnée de base est constituée, jusqu’à présent, par le grand cycle NE-PL d’une durée de cinq siècles, et dont la dernière conjonction s’est produite en 1891. Pas davantage le temps hâché, saccadé et oublieux du journaliste et des medias, pour lesquels une actualité a vite fait de chasser l’autre. Le cadre de l’année pouvait à la rigueur convenir au temps où SA marquait la limite de notre système solaire, et où le cycle JU-SA, d’une durée de vingt ans, servait de fil conducteur à la prospective du futur. Mais le cadre annuel est une cotte bien mal taillée pour saisir dans leur vivante respiration les cycles multiples des lentes qui s’interpénètrent pour tisser le tableau mouvant qui donne à chaque temps sa tonalité propre. C’est, nous semble-t-il, dans la durée des interférences de SA avec les trois trans-saturniennes (UR, NE, PL) que l’on peut trouver l’échelle temporelle la mieux appropriée tant pour l’examen des cycles planétaires que pour la réflexion sur les données que fournit la géopolitique. Cela nous donne un cadre qui se situe entre quarante et cinquante ans ; pour notre époque, le point de départ qui nous semble s’imposer est la conjonction SA-PL de 1982, ce qui nous conduit, pour le point d’arrivée, à la triple conjonction JU-SA-PL de 2020 ; on remarquera que le coup de tonnerre des attentats de New York le 11 septembre 2001 se situe au cœur même de cette phase de l’histoire.
 
 
 
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Aussi, même si notre objet est ici d’examiner les astralités d’une courte période dans cette tranche temporelle d’une quarantaine d’années – l’année 2008 – nous ne saurions nous épargner le détour d’un rapide examen des interférences cycliques au moins durant la phase descendante du cycle SA-PL de 1982-2020, soit celle qui s’étend de l’opposition en 2001-2002 jusqu’à la prochaine conjonction de 2020. Le premier phénomène qu’il nous semble important de prendre en compte est celui de la synchronicité des grands cycles SA-UR et SA-NE au cours de cette période. Cette synchronicité n’a rien d’exceptionnel, puisqu’elle accompagne naturellement chaque période qui précède et qui suit une grande conjonction UR-NE.
 
 
 
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Ce fut le cas, autour de 1821, lors des interférences saturniennes proches de la conjonction UR-NE en 1818-1820 (au temps des carrés involutifs SA-UR et SA-NE), puis en 1827-1829 (au temps des oppositions SA-NE et SA-UR), ainsi que lors des interférences plus lointaines entre 1805 et 1809 (au temps des conjonctions SA-UR et SA-NE), puis entre 1835 et 1840 (au temps des carrés involutifs SA-NE et SA-UR) ; ce fut encore le cas lors des interférences saturniennes proches de la conjonction UR-NE en 1988 et 1989 (au temps des conjonctions SA-UR et SA-NE), puis en 1998-2000 (au temps des carrés évolutifs SA-UR et SA-NE), ainsi que lors des interférences plus lointaines entre 1975 et 1980 (au temps des carrés involutifs SA-UR et SA-NE), puis entre 2006 et 2010 (au temps des oppositions SA-NE et SA-UR).
 
 
 
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Une des caractéristiques majeures de l’année 2008 (mais qui commence dès l’automne 2007), c’est que, durant cette période, SA transitera au mi-point UR/NE, formant ainsi la transition entre le temps de l’opposition SA-NE (2006-2007) et de l’opposition SA-UR (2008-2010). Il importe, ici, de prendre en considération les zones zodiacales activées par ces configurations : l’opposition SA-NE touchait la zone de 17°-21° des Fixes (et accessoirement, par semi-carré et sesqui-carré, la zone de 2°-6° des Cardinaux) ; l’opposition SA-UR touchera la zone de 18°-24° des Mutables (et accessoirement de 3°-9° des Fixes) ; le transit de SA sur le mi-point UR/NE affectera, pour sa part, la zone de 3°-7° des Mutables (et accessoirement de 18°-22° des Cardinaux). A partir de ces indications, il est loisible à l’astrologue d’aller regarder de plus près certains thèmes nationaux affectés par ces transits ; on observera, par exemple, que les Etats-Unis et la Russie présentent respectivement UR et JU à 8° Gémeaux.
On peut d’ores et déjà tirer la conclusion que l’année 2008 devrait se présenter comme une année de transition, opérant le relais entre la période 2006-2007 qui a vu grossir au fil des mois la menace d’une intervention militaire américaine ou israélienne en Iran, et la période 2008-2010 qui concerne au premier chef la question de l’hégémonie américaine, devenue hyper-puissance au moment de la conjonction SA-UR de 1988 et pour laquelle la phase de l’opposition constitue un moment de défi posé par l’extérieur.
 
 
 
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Toutefois, il convient de relever que la synchronicité des cycles en cours englobe également le troisième grand cycle saturnien, le cycle SA-PL que l’on a coutume de relier à l’histoire de la Chine moderne. En particulier, le cycle SA-PL est en ce que l’on pourrait appeler un régime de corrélation différée avec le cycle SA-UR. En effet, au moment où le cycle SA-PL traversait la phase de l’opposition (en 2001-2002), le cycle SA-UR venit d’achever son carré évolutif (1999-2000) ; en 2010, les deux cycles seront de nouveau corrélés, lorsque SA-PL passera au carré involutif, tandis que SA-UR achèvera la phase de l’opposition ; et en 2020, au moment de la conjonction SA-PL (renforcée par JU), le cycle SA-UR connaîtra son carré involutif. Ce type de corrélation entre cycles donne à penser qu’il existe à l’heure actuelle une assez forte synchronisation entre l’histoire des Etats-Unis et celle de la Chine. Et le monde a eu le temps de s’apercevoir que, depuis la chute de l’Union soviétique, la Chine est devenue – et devient chaque jour plus nettement – le principal adversaire potentiel des Etats-Unis pour la conquête de l’hégémonie mondiale.
 
 
 
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Encore faut-il resituer ces synchronicités cycliques dans la perspective du carré UR-PL, qui sera la pièce maîtresse des deux premières décennies de ce siècle. C’est de la configuration de 2010 qu’il faut partir : combinaison du carré UR-PL avec un carré SA-PL et une opposition de SA à UR (renforcée par la conjonction JU-UR) ; configuration puissante qui rappelle celle de 1931, avec un carré en T SA-UR-PL en signes Cardinaux (mais alors, l’opposition était entre SA et PL). Or, l’entrée dans cette configuration s’opère déjà à partir de mai 2008, avec la première opposition SA-UR et ne s’achèvera qu’en juillet 2015, au moment d’un dernier transit dissonant de MA sur le carré UR-PL. C’est donc dès l’année 2008 que le monde devrait entrer dans une longue phase de perturbations assez fortes, sans doute la phase la plus remuante depuis celle des années 1989-1993, maquées par la chute de l’Union soviétique, la première guerre du Golfe et l’éclatement de la Yougoslavie. Il n’y a pas de quoi cependant – tout du moins d’un strict point de vue astrologique – redouter des cataclysmes insurmontables : il y a déjà eu dans le passé, à peu près une fois par siècle, une phase de carré ascendant UR-PL. La dernière s’est produite en 1876-1877, dans une période où commençaient à s’affronter les impérialismes rivaux des puissances européennes en quête d’empires coloniaux, et la précédente en 1755-1758, au moment de la guerre de Sept Ans, autre période d’affrontement entre puissances européennes avec des retombées sur les colonies en Amérique et en Inde. Ce qui devrait faire du prochain carré évolutif UR-PL une période de haute tension, c’est qu’elle mettra vraisemblablement à l’épreuve les semences qui ont été jetées au moment de la conjonction, en 1965-1966 ; or, ce fut un temps de grands bouleversements à travers toute la planète – et notamment une phase critique aiguë dans l’histoire intérieure de la Chine (avec la sanglante révolution culturelle) et dans les relations sino-américaines (les deux puissances s’affrontant par Vietnamiens interposés). On peut s’attendre à retrouver, entre 2008 et 2017 des développements nouveaux concernant aussi bien l’évolution intérieure de la Chine que la rivalité sino-américaine pour le contrôle de l’Asie.
 
 
L’interface entre l’astrologie et la géopolitique
 
Une des grandes questions qui se pose à l’analyse géopolitique du monde actuel est de déterminer si le cours des relations internationales va obéir à une logique unipolaire – la domination écrasante de l’hyper-puissance américaine allant dans le sens d’un américano-mondialisme triomphant – ou à une logique multipolaire, selon laquelle la domination manifeste des Etats-Unis n’empêche pas le développement de puissances continentales, au premier rang desquelles continuent à se situer la Chine et la Russie – l’Inde ayant de fortes chances d’accéder bientôt elle aussi à ce rang - tandis que l’Union européenne, du fait de son renoncement à la souveraineté et à la puissance, demeure, en dépit de ses potentialités actuelles, dans le cadre d’une vassalité dépendante de la puissance américaine.
 
 
 
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Ce schéma permet de moduler la synchronicité entre les phases cycliques que traversent, entre 2010 et 2020, la Russie, les Etats-Unis et la Chine. Durant la période 2006-2007, la Russie a traversé la phase de l’opposition du cycle SA-NE, qui a mis en lumière le retour de la Russie sur la scène mondiale après l’éclipse relative des années du règne de Boris Eltsine. Les cycles SA-NE et SA-UR étant étroitement associés, c’est aux Etats-Unis, à partir de 2008, avec l’opposition SA-UR qui dure jusqu’en 2010, d’entrer dans une phase involutive qui doit conduire à la période critique du carré descendant en 2021. Pendant ce temps, la Chine achève le cycle SA-PL inuauguré en 1982, et dans cette phase qui va du carré descendant à la nouvelle conjonction, elle se dégage des scories du passé et prépare les voies du nouveau cycle qui débutera en 2020. Les Jeux Olympiques qui se tiendront en 2008 à Pékin vont préparer la phase critique du carré descendant et contraindre la Chine à se confronter au monde extérieur et à des exigences démocratiques non dénuées certes d’intentions stratégiques sous-jacentes, mais susceptibles d’engendrer des germes de perturbation pour le système militaro-nationaliste qui règne en Chine ; cela n’est pas sans rappeler les germes démocratiques semés dans la vieille Russie impériale lors de l’invasion napoléonienne de 1812, qui avaient suscité treize ans plus tard l’insurrection des Décabristes au moment de l’avènement de Nicolas Ier en 1825. De nos jours, certes, le rythme de l’histoire s’est bien accéléré, et les conséquences de la pénétration mondialiste en Chine auront certainement maintes occasions de se manifester lors des bouleversements mondiaux, et particulièrement asiatiques, que ne manquera pas de susciter le carré UR-PL entre 2010 et 2015.
 
 
 
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Pour l’astrologue, c’est un grand mystère et une source de méditations fécondes, que d’observer les corrélations entre les trois cycles des trans-saturniennes avec les trois plus grandes puissances de l’histoire contemporaine. Au moment de la découverte d’UR, les Etats-Unis sont à peine en train de conquérir leur indépendance ; lors de la découverte de NE, la Russie en est encore à émanciper les masses paysannes du servage ; et quand PL est découverte, la Chine, après avoir subi la domination des puissances européennes, est soumise à l’occupation japonaise. Au sortir de la seconde guerre mondiale, les trois puissances associées aux cycles SA-UR, SA-NE et SA-PL deviennent les pôles majeurs dans le jeu des relations internationales.
 
 
 
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Depuis la grande cassure et l’effondrement civilisationnel que fut l’entrée en guerre de l’Europe le 2 août 1914 – guerre civile européenne de trente ans qui finit par embraser le monde entier et s’acheva sur les ruines fumantes de Dresde et d’Hiroshima – les Etats-Unis d’Amérique n’ont cessé d’accroître leur puissance : au sortir de la Seconde Guerre mondiale, ils se sont confrontés à l’Union soviétique qui s’était emparée de la moitié orientale de l’Europe et menaçait d’étendre son emprise sur les pays occidentaux, cependant que, sur le front asiatique, la Chine communiste de Mao Tsé-toung entreprenait une longue marche, parsemée d’épisodes sanglants et ruineux (le « Grand Bond en avant », les « Cent Fleurs », la « Révolution culturelle »), vers la montée en puissance d’un Etat qui, à lui seul, compte près du quart de la population mondiale. A partir de 1989, avec la chute du Mur de Berlin puis la disparition de l’Union soviétique deux ans plus tard, la Chine est devenue pour les Etats-Unis la principale menace potentielle de contestation sérieure de son hégémonie durable sur le monde. Il est dans l’ordre des choses qu’une puissance impériale ait pour visée de prolonger tant que faire se pourra sa primauté et qu’elle s’efforce d’amoindrir ses rivaux potentiels, et ce n’est pas faire de l’ « anti-américanisme » que de prendre acte du fait que les Etats-Unis agissent de nos jours d’une façon analogue à celle qui fut, il y a deux mille ans, la grande puissance impériale du monde antique – Rome. Delenda est Carthago, répétrait sans cesse Caton : Carthage, en notre temps, ce fut, analogiquement, l’empire soviétique qui menaça un temps l’hégémonie américaine. La moderne Carthage s’est effondrée, elle a implosé, mais elle n’est pas détruite et la remontée en puissance de la Russie sous la conduite de Vladimir Poutine suscite maints grincements de dents et alimente les menaces d’un retour à une sorte de guerre froide. Depuis 1989, l’ancien empire russe a subi des pertes territoriales d’une ampleur sans précédent dans l’histoire du monde, cependant que l’OTAN étendait ses limites sur l’ancien glacis soviétique, jusqu’à frontières mêmes de la Russie actuelle. Il est vraisemblable que, aux yeux des maîtres à penser de la stratégie américaine, Carthage reste encore à détruire, et l’orchestration des campagnes hostiles à Poutine dans les médias occidentaux entretient les esprits dans une sourde hostilité envers la Russie, brisant à l’avance les éventuelles velléités de constituer un axe continental Paris-Berlin-Moscou dont rêvent certains afin de faire contrepoids à l’écrasante hégémonie atlantiste.
Comment juger de l’action de Vladimir Poutine, qui dirige la Russie depuis la fameuse éclipse nostradamique du 8 août 1999 ? Avant de définir la position et le rôle de la nouvelle Russie sur la scène internationale, il convient de situer la ligne de l’équipe au pouvoir en fonction de l’échiquier politique tel qu’il se présente à l’heure actuelle. Bien souvent, les hommes qui détiennent le pouvoir se déterminent selon une voie moyenne qui s’efforce d’éviter les écueils auxquels conduiraient les orientations préconisées par des groupes de pression divers que l’on qualifie assez volontiers, à tort ou à raison, d’ « extrémistes ». Dans la nouvelle Russie, nous semble-t-il, il existe au moins quatre de ces groupes de pression que l’on peut regrouper autour de deux axes : sur le plan de la nature du régime, deux groupes qui se réfèrent à des traditions antagonistes du passé, les communistes et les monarchistes ; sur le plan géostratégique, deux tendances qui sont des constantes géopolitiques de la Russie depuis le début de son expansion en Sibérie au temps d’Ivan le Terrible : un courant occidentaliste et un courant tourné vers l’Asie. En plus de ces groupes de pression, il faut sans doute compter avec ce que l’on appelle les « mafias » russes, qualification sans doute incorrecte au regard de la définition précise qu’en donnent les spécialistes, tel Xavier Raufer en France. Il existe, sans conteste, une mafia sicilienne, avec une forte implantation aux Etats-Unis, et l’on peut trouver un remarquable tableau de son fonctionnement dans le troisième tome d’une série romanesque qui nous apparaît comme l’un des premiers chefs-d’œuvre de la littérature du XXIe siècle, le Siècle des chimères de Philippe Cavalier.[1] Il existe également une mafia albanaise qui se répand en Europe occidentale à partir du sanctuaire constitué par le nouvel Etat bosniaque, dont le premier président, Alija Izetbegovic, est l’auteur d’une Déclaration islamique qui définit la doctrine commune des pays musulmans et que le général Gallois a analysée dans un ouvrage publié en 2003[2] ; texte que tout citoyen « éclairé » se devrait de connaître, tout comme il eût été souhaitable qu’en d’autres temps tout démocrate sincère ait pu avoir connaissance et tenir compte du Mein Kampf d’Adolf Hitler, dont le programme fut appliqué à la lettre lorsque son auteur devint Chancelier du Reich, le 30 janvier 1933. Mais pour ce qui est de la Russie, il est sans doute plus juste de parler de banditisme – et même de banditisme organisé – que de « mafia ». On peut se faire une idée du caractère à la fois glauque et terrible de ce banditisme par la lecture des romans de Boris Akounine (pseudonyme d’un talentueux écrivain russe d’origine géorgienne), notamment Altyn Tolobas et L’amant de la mort [3]. On peut dire que, jusqu’à présent, Vladimir Poutine a très sagement évité de devenir prisonnier de l’un ou l’autre de ces groupes de pression, s’efforçant de redonner à la Russie une stabilité économique et de freiner le mortel déficit démographique suscité par 72 ans de régime communiste - et perpétué par l’abus de la vodka.
 


L’éclairage astrologique sur les évolutions géopolitiques en cours
 
L’année 2008 devrait, sur ce plan, marquer un tournant du fait qu’une relève politique est probable tant à Washington qu’à Moscou, du fait des élections présidentielles.
 
 
 
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On a coutume, à la suite des travaux d’André Barbault, d’associer la Russie au cycle SA-NE, dont les trois conjonctions de 1917, de 1953 et de 1989 ont scandé des moments–clés de l’évolution politique du pays. Certes, le cycle SA-NE est riche d’enseignements pour la compréhension du déroulement cyclique en corrélation avec un pays ou un phénomène historique donné. Cependant, la signature du thème natal de la Russie communiste n’est pas une conjonction SA-NE isolée, mais une conjonction SA-NE en opposition d’UR, aspect dont l’importance est renforcée par le double carré de SA et d’UR au SO à 15° Scorpion (position du milieu des signes Fixes qui est en relation directe, par semi-carré avec l’Axe des Cardinaux). Ainsi, de même que l’histoire de la Chine moderne (depuis les guerres de l’opium au XIXe siècle) répond à une triplice SA-UR-PL, de même l’histoire de la Russie devrait sans doute être considérée en relation avec la triplice SA-UR-NE. A cet égard, l’opposition SA-NE de 2006-2007 est d’une importance particulière pour la Russie puisqu’elle transite l’opposition natale SA-UR. C’est la première fois, depuis la Révolution de 1917, que NE transite UR natal, et il se trouve que cela se produit au moment même d’une opposition SA-NE. C’est entre le 3 juin et le 14 septembre que SA et NE transitaient UR et c’est vers la fin juin que le mi-point SA/NE passait au plus près d’UR natal.
Les précédentes oppositions de SA à UR natal, en 1948 puis en 1977, ont correspondu à des périodes où a Russie, du fait de sa rivalité avec les Etats-Unis pour l’hégémonie en Europe et en Asie centrale, a dû faire face à de fortes tensions dans les relations internationales (Rideau de Fer et engagement dans la Guerre froide, enlisement dans la tentative de prendre le contrôle de l’Afghanistan). L’opposition SA-NE de 2007 venant appliquer sur l’opposition natale de 1917 pourrait être l’indication d’une nouvelle montée de la tension face aux avancées menaçantes des Etats-Unis et de l’OTAN qui encerclent la nouvelle Russie déjà fortement réduite sur le plan territorial par rapport non seulement à l’empire soviétique, mais aussi par rapport à ses possessions durant la période tsariste. Ce pourrait être également, à l’occasion du 90ème anniversaire de la Révolution d’Octobre, le temps d’un bilan critique de la période communiste, bien que le régime de Vladimir Poutine se soit toujours efforcé, depuis 1999, de concilier divers aspects de l’ancienne et de la nouvelle Russie, au moins au plan symbolique (par exemple le drapeau et l’hymne national).
 
 
 
 
 
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Outre cette phase majeure du cycle SA-NE, il peut être intéressant d’observer l’évolution du mi-point JU/PL durant la fin de l’année 2007. Le moment le plus remarquable sera la conjonction JU-PL du 11 décembre 2007, qui affecte de façon très puissante le thème natal de Vladimir Poutine. Ce dernier porte la même signature fondamentale que celle de la Russie – la conjonction SA-NE – puisqu’il est né le 7 octobre 1952. La conjonction JU-PL du 11 décembre 2007 tombe exactement sur son MA natal, cependant qu’au même moment SA transite le MC, tandis que NE transite le NN en opposition de PL et au carré de JU. Telle est la lourde configuration qui devrait marquer la fin de la présidence de Vladimir Poutine. Ce dernier est également sensible au cycle JU-PL du fait du carré de ces deux planètes dans son thème natal.
 
 
 
 
 
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Le 11 septembre dernier, une puissante éclipse de Lune impliquait un carré MA-UR avec le mi-point JU-PL ; au lendemain de l’éclipse, Vladimir Poutine nommait un nouveau Premier ministre, Viktor Zoubkov (né le 15 septembre 1941), dont on peut se demander s’il ne serait pas le candidat officiel que le président sortant souhaite pousser en avant – comme lui-même le fut, en 1999, par Boris Eltsine, au moment précis de la fameuse éclispe « nostradamique » du 11 août 1999 (Poutine fut nommé Premier ministre le 7 août, et devint Président de la Russie le 1er janvier 2000, à la suite de la démission de Boris Eltsine, annoncée lors de ses vœux à la télévision le 31 décembre).
On relèvera, dans le thème natal du nouveau Premier ministre, la « signature » caractéristique de la Russie post-tsariste : la triplice SA-UR-NE, mise en valeur par la conjonction SO-NE au trigone d’une conjonction SA-UR. Le ciel de l’éclipse du 11 septembre 2007 affecte précisément cette configuration natale, la Nouvelle Lune en opposition à UR et au carré de MA se produisant sur le SO natal, tandis que SA, au début de la Vierge, est au carré de la conjonction SA-UR natale.
Toutefois, des politologues russes « autorisés », tel Vitali Tretiakov, estimaient peu probable que Viktor Zoubkov, austère apparatchik, soit le véritable candidat de Vladimir Poutine et voyaient plutôt dans l’ancien ministre de la Défense Sergueï Ivanov le candidat le mieux placé dans la course à la présidence. Ce dernier, âgé de 54 ans, est un natif de la conjonction SA-NE de 1953, et porte donc, lui aussi, la « signature » caractéristique de la Russie : un carré d’UR en Cancer à une conjonction SA-NE en Balance… Mais il était envisageable aussi qu’une présidence « terne », assumée à partir de 2008 par Viktor Zoubkov – ou quelque autre proche de l’actuel Président - prépare un retour de Vladimir Poutine dont rien n’empêche qu’il soit à nouveau candidat en 2012.
 
 
 
 
 
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De fait, c’est au moment même de la conjonction JU-PL que les choses ont été tranchées, avec la présentation par Poutine, vainqueur aux législatives du 2 décembre, de Dmitri Medvedv comme candidat de son parti « Russie unie » pour la présidentielle du 8 mars 2008. Le lendemain, le nouveau candidat renvoyait l’ascenseur en demandant à Poutine d’accepter d’être son futur Premier ministre. Une solution qui ne s’éclaire que si l’on se souvient que les hommes au pouvoir, dès les dernières années de la présidence de Boris Eltsine, font partie d’une sorte de « clan », qui est celui des héritiers politiques d’Anatoli Sobtchak, ancien maire de Saint-Pétersbourg. Ce groupe de politiciens libéraux est attaché au respect formel de la Constitution et s’oppose à un autre clan, celui des siloviki ou « hommes des structures de forces » , dont le représentant le plus éminent est Sergueï Ivanov et qui est en perte de vitesse. Dans le thème de Dmitri Medvedev, la conjonction JU-PL du 11 décembre se situe en opposition de JU natal et vient activer une opposition LU-VE reliée à ce JU.
 
Les configurations astrales de la seconde moitié de l’année 2007 viennent ainsi éclairer le climat dans lequel devrait s’opérer la relève du pouvoir en Russie, lors des élections législatives en décembre 2007, puis de la présidentielle en mars 2008. Nous pouvons y lire à la fois la menace de fortes tensions internationales – en relation, certainement, avec les projets agressifs des néo-conservateurs américains, au pouvoir sous la présidence de George W. Bush, concernant l’Iran – et une organisation circonspecte et talentueuse de sa succession par un président qui, au terme de huit ans de règne, a su conserver – à la différence de la plupart de ses pairs occidentaux – un soutien massif du peuple russe.
Il n’en va pas de même pour le président George W. Bush dont la double présidence aura été marquée par une série d’engagements militaires en Afghanistan et en Irak où des succès d’abord éclatants (chute des Taliban, chute de Saddam Hussein) ont fini par tourner à l’enlisement des troupes américaines et de leurs alliés, dont le premier souci est de tenter de se dégager de ces guêpiers. Comme en toute affaire humaine, un double regard peut être porté sur cette politique interventionniste de la super-puissance américaine : le chaos durable engendré dans ces deux pays à l’équilibre déjà bien fragile par l’intervention militaire peut être considéré, par des esprits qui estiment que les relations internationales doivent obéir à des idéaux de paix et de justice, comme un abominable et criminel gâchis ; mais dans le cadre de la « realpolitik », la question se pose de savoir si la puissance américaine n’a pas marqué des points en prenant pied dans une zone majeure de l’Asie centrale et en prenant le contrôle direct des gisements pétrolifères de l’Irak. Il paraît clair, cependant, que ces résultats semblent plus spectaculaires que solides et durables ; dans l’un et l’autre cas – Afghanistan et Irak – les conditions existent d’un éventuel renversement des rapports de force, et il apparaît qu’un retrait des troupes américaines aurait un effet aussi désastreux devant les menaces d’un totalitarisme islamique – dont l’Europe occidentale serait une proie toutre désignée – que le fut le retrait américain du Vietnam devant le totalitarisme communiste.
 
 
 
 
 
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Or, en ce moment même, deux maillons clés du système d’appui à la politique d’intervention des Etats-Unis se trouvent fragilisés : la Turquie et le Pakistan. La République turque a fêté, le 29 octobre 2007, son 84ème anniversaire, qui correspond à un cycle uranien. Comme pour la France, la structure fondamentale du thème du thème de la Turquie laïque telle que la voulue Kémal Ataturk repoose sur le cycle JU-NE : un carré JU-NE avec MA au mi-point, le tout relié par dissonance (carré MA-PL) à PL à l’AS. Cette zone sensible a été activée, sous un septile UR-PL, en octobre 1991, période où l’armée turque a occupé dans le nord de l’Irak une zone de 5 km. On retrouve la même zone activée par UR le 3 novembre 2002, lorsque les islamistes de l’AKP (Parti de la Justice et du Développement) remportèrent les élections législatives, qui ont abouti à la nomination au poste de Premier ministre d’Abdullah Gül, remplacé ensuite à ce poste par le chef de l’AKP, Recep Tayyip Erdogan. Durant la période 2011-2013, cette zone sera particulièrement sensible au carré UR-PL, et l’on peut s’attendre à ce que la Turquie soit directement engagée, à cette époque, dans la grande crise asiatique et mondiale qui se profile à l’orée de 2010.
 
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Durant l’année 2007, la zone sensible est touchée par l’opposition SA-NE, et en outre PL transite en opposition à la LU natale, à 29° 55 Gémeaux. L’année 2007 constitue un tournant dans la voie de la réislamisation de la Turquie : le 14 avril, 300 000 manifestants sont réunis à Ankara pour protester contre l’éventuelle candidature à la présidence du Premier ministre islamiste Recep Tayyip Erdogan ou d’un de ses proches ; mais après la victoir des islamistes de l’AKP, qui remportent 341 sièges sur 550 avec 46% des voix), Abdullah Gül, présenté comme islamiste « modéré » est élu par le Parlement président de la République , le 28 août. L’armée, qui brandit toujours la menace d’un coup d’Etat militaire afin de sauvegarder l’héritage kémaliste, reçoit cependant un satisfecit avec l’adoption, le 17 octobre, d’une motion du Parlement autorisant une intervention militaire contre les Kurdes d’Irak : on se retrouve, à cet égard, dans la situation de 1991. On conçoit combien est embarrassant pour les Etats-Unis un allié tel que la Turquie, tiraillé entre les forces obscures d’une population d’Asie Mineure aspirant à la pleine restauration d’une société et d’un Etat répondant aux exigences de l’Islam, et les tendances occidentalistes d’une forte minorité occidentalisée qui se retrouve dans les valeurs cosmopolites de l’Europe de Bruxelles mais dont la sécurité dépend finalement d’une armée brutale, coutumière de nombreux coups d’Etats et peu encline à admettre, par exemple, la réalité du génocide arménien. Rien ne permet mieux, semble-t-il, de freiner l’expansion de forces centrifuges que le recours à un sentiment nationaliste qui trouve son expression dans la lutte contre les Kurdes et dans les grands desseins d’un panturquisme qui peut compter, dans les Balkans, sur le soutien de l’Albanie et de la Bosnie, et, au-delà du Caucase, sur une communauté de civilisation avec les anciennes républiques asiatiques de l’URSS (Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizistan, Kazakhstan)[4].
 
 
 
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C’est un allié encore plus fragile, sans doute, pour les Etats-Unis, que le Pakistan, base arrière indispensable pour les opérations militaires en Afghanistan. Le thème de ce pays présente une configuration axée sur les derniers degrés de signes Mutables : une conjonction MA-UR au MC à la fin des Gémeaux, et un AS à la fin de la Vierge. L’actuel transit de PL à la fin du Sagittaire retentit directement sur cette zone critique. Celle-ci était d’ailleurs activée en 1971, lors de la partition du pays et de la création du Bangladesh dans des conditions particulièrement dramatiques ; les deux coups d’Etat de Pervez Mucharraf, le 12 octobre 1999 et le 3 novembre 2007, se sont produits également lors d’une activation de cette zone (ainsi que de la conjonction SA-PL à 13° Lion touchée par le carré SA-UR en 1999). On notera au passage que Pervez Musharraf (né le 11 août 1943) présente dans son thème une conjonction JU-PL à 7°-9° du Lion, voisine de la conjonction SA-PL du Pakistan. L’opposition SA-UR qui débute en 2008 atteindra la zone critique du thème du Pakistan à partir de l’automne 2009 et jusqu’à la fin 2011. Là aussi, comme pour la Turquie, l’examen des cycles planétaires et les analyses géopolitiques donnent à penser que le Pakistan sera bientôt impliqué dans les grandes perturbations qui s’annoncent pour la période du carré UR-PL.
 
 
 
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Une des zones les plus sensibles du thème des Etats-Unis, celle du carré MA-NE, relayé à l’axe des Nœuds et à l’AS (ainsi qu’au Vertex et au Centre Galactique) a preqeut toujours accompagné, depuis la guerre de Sécession, les interventions américaines à travers le monde.
 
 
 
 
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Cette zone était activée, au moment de l’engagement américain au Vietnam au milieu des années soixante par l’opposition de SA à la conjonction UR-PL ; on retrouve l’opposition SA-PL tombant sur MA en 2003, lors de l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis. Et l’opposition SA-UR de 2008-2009 tombe en plein sur l’autre pôle du carré, sur NE. On relèvera au passage que le 15 février 1993, lors du premier attentat contre le World Trade Center, la mi-point SA/UR touchait l’axe des Nœuds, activant la configuration critique du thème des Etats-Unis.
 
 
 
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Cette zone sera plusieurs fois activée durant la phase descendante du carré SA-UR (entre 2008 et 2032) : en 2017, SA passera à l’opposition de MA ; en 2021 et en 2025 NE puis SA transiteront en Poissons, en opposition à NE ; enfin, la conjonction SA-UR en formation touchera MA natal de 2030 à 2032.
Nous pouvons donc déduire de ce rapide examen, qu’il y a de fortes chances pour que les Etats-Unis demeurent engagés dans des interventions militaires durant la période 2008-2009. Faut-il entendre par là la simple continuation de leur engagement sur les théâtres d’opérations actuels – essentiellement en Afghanistan et en Irak – ou l’ouverture de nouveaux fronts, en particulier en Iran ? La réponse à cette question dépend davantage de l’analyse géopolitique que de ‘étude des cycles planétaires, qui indiquent la probabilité d’interventions armées, mais non le lieu où elles sont susceptibles de se dérouler.
 
 
 
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L’astrologie permet toutefois de préciser les périodes critiques où de tels engagements sont les plus probables : c’est avant tout sur la prise en compte des relais solaires et martiens aux configurations des lentes que l’on peut s’appuyer pour hasarder une prévision plus précise sur le plan temporel : nombreux et assez fréquents sont ces transits, surtout si l’on travaille à une échelle d’harmonique 8, qui permet d’intégrer non seulement conjonctions, oppositions et carrés, msi également les relais par semi-carrés et sesqui-carrés, dont l’effet déclencheur peut être aussi efficace que celui des aspects précédents.
 
La menace de guerre en Iran
 
De tout temps, l’alliance de la ruse et de la force est nécessaire à la mise en œuvre de la volonté de puissance. La ruse repose sur le mensonge et surtout sur le déguisement de la vérité. Il importe de bien distinguer les motifs allégués et les raisons véritables qui conduisent les puissants de ce monde. Ceux-là mêmes qui avaient à grands cris accusé Saddam Hussein de détenir des armes de destruction massive ont reconnu, après l’élimination du dictateur irakien, que ces armes n’avaient jamais existé. Une campagne est maintenant menée contre l’Iran, qui prépare les esprits à une intervention militaire sous prétexte de la menace que causerait au monde la détention de l’arme nucléaire par ce pays – nonobstant le fait que le seul pays au monde qui, jusqu’à nos jours, ait utilisé l’arme nucléaire, ce sont les Etats-Unis. Il est vrai que la multiplication des détenteurs de l’arme nucléaire constitue un terrible danger, mais cela vaut pour tous ceux qui, dès aujourd’hui, sont en possession de cette arme de destruction massive, y compris Israël, l’Inde et le Pakistan. Si l’Iran est visé, c’est sans doute du fait de la volonté de ce pays de s’appuyer sur ses richesses pétrolifères pour assurer son indépendance à l’égard de l’américano-mondialisme. Le régime n’y change rien : telle fut la politique du Chah d’Iran, au temps de Mossadegh (au début des années cinquante), tel est aujourd’hui celle du régime détestable des mollahs que les puissances occidentales ont d’ailleurs contribué à installer au pouvoir afin d’éliminer le Chah. Si aujourd’hui l’Iran d’Ahmadinejad veut se doter de l’énergie nucléaire – civile ou militaire – c’est dans le but d’une volonté de puissance régionale qui ne peut, certes, qu’inquiéter aussi bien Israël que ses voisins sunnites. Les Américains, désormais implantés dans le Grand Moyen-Orient, de l’Asie centrale jusqu’à la Corne de l’Afrique, cherchent détenir les moyens de contrôler la dépendance énergétique de la Chine, tout en faisant contre-poids à la Russie, qui détient, comme l’Arabie saoudite, un quart de la production mondiale de pétrole. Seul échappe à ce contrôle l’Iran, détenteur de gigantesques ressources en pétrole et en gaz. Le nucléaire civil permettrait à l’Iran de ne pas consommer son pétrole et de continuer à l’exporter, condition indispensable à la survie du régime actuel.
La politique belliqueuse menée par le président Bush s’inspire du mouvement néoconservateur, qui a émergé sous Nixon et a connu son plein rayonnement dès l’époque de Reagan. On y compte de brillants théoriciens - tels David Horowitz, Richard Perle, Paul Wolfowitz, Robert Kagan, le grand islamologue Bernard Lewis – ainsi que des éditeurs et des hommes d’affaires. Aymeric Chauprade fait remonter l’origine de ce courant de pensée à « l’installation, à New-York, dans les années 1930, d’intellectuels sionistes et trotskystes tels qu’Irving Kristol et Nathan Glazer qui rêvent d’un nouvelle révolution internationaliste dont l’Amérique (et non la Russie stalinienne) serait le foyer principal »[5]. Les résultats de la politique des néoconservateurs en politique étrangère sont pour le moins discutables : ils ont contribué au réveil d’un Islam animé d’un esprit de conquête ; ils ont échoué, malgré des « révolutions orange » financées par de riches fondations américaines, à prendre le contrôle de la Russie postsoviétique ; ils n’ont pas ébranlé la volonté de puissance des maîtres de la Chine. L’échec des interventions américaines en Afghanistan et en Irak suffira-t-il à empêcher une troisième aventure en Iran ? Cela n’est pas sûr, car tout régime aux abois est tenté de chercher son salut dans une fuite en avant. Et si, aux élections de 2008, le candidat du Parti démocrate l’emporte, il y a de fortes chances pour que disparaisse le règne des néoconservateurs.
 
 
 
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Dans la mesure où les déclarations fracassantes de Mahmoud Ahmadinejad menaçant de destruction l’Etat d’Israël sont à prendre au sérieux, on conçoit que les autorités de ce pays puissent envisager une action préventive en vue d’anéantir – comme cela fut fait jadis en Irak – les volontés iraniennes d’accéder au nucélaire – civil ou militaire. Mais l’affaire est autrement risquée, car la puissance iranienne et ses capacités stratégiques dépassent de beaucoup celles de l’Irak de Saddam Hussein, et l’Iran a certainement les moyens de plonger le monde dans une crise pétrolière sans précédent en riposte à une éventuelle attaque de ses sites nucléaires potentiels.
Au cœur du thème d’Israël, nous trouvons la triple conjonction MA-SA-PL au carré du SO, avec deux zones sensibles en signes Fixes : autour de 13°-16°, la conjonction SA-PL ; à 22°, le mi-point MA/SA au carré du SO. Cette zone a été activée par de lourdes configurations en 1993 (carré SA-PL), en 2000 (carré SA-UR) et en 2007 (opposition SA-NE). Elle le sera de nouveau, en février 2009, par l’opposition SA-UR, mais avec un relais moins dissonant qu’auparavant (sous forme de quinconce et de semi-sextile).
 
 
 
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Durant toute l’année 2008 persiste l’opposition de NE au mi-point natal MA/SA, configuration que Reinhold Ebertin traduit par : « Faible vitalité, incapacité à vaincre les résistances. Forces déclinantes, affaiblissement de la vitalité (par le poison, le gaz, les épidémies). Mort mystérieuse, lourde perte ». Cela ne favorise pas, à première vue, les élans conquérants et les aventures militaires.
 
 
 
 
 
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Un autre point sensible du thème d’Israël est puissamment activé par la conjonction JU-PL du 11 décembre 2007 : le trigone MA-JU, qui se trouvait, en 1982, au double sextile de la conjonction SA-PL à 28° Balance. Cette configuration avait présidé, en 1982, à la restitution du Sinaï à l’Egypte par Israël, mais également à une intervention militaire d’Israël au Liban, le 6 juin 1982. André Barbault a traité, en 2005, de cette configuration prometteuse – du fait de l’application du trigone de SA à JU-PL sur le trigone natal MA-JU d’Israël[6]. Mais à la fin d’un article qui exalte les perspectives de paix pour ce moment vient une conclusion qui souffle le froid : « Et si tout cela n’était que fumée ? ». Il est vrai que la configuration pacifique du 11 décembre 2007 est contrariée par l’opposition de JU-PL à UR, ainsi que par le transit de MA, qui active le carré natal SO-MA.
 
 
 
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On pourrait retrouver une situation analogue, sur le plan astrologique, à celle qui a présidé aux accords d’Oslo en septembre 1993 : une puissante configuration harmonique (un trigone du SO à la conjonction UR-NE au trigone du SO natal) imbriquée avec de sévères dissonances (le carré SA-PL activant la zone critique du thème d’Israël). On est toutefois en droit d’estimer que, dans le cas de décembre 2007, les dissonances sont moins lourdes qu’elles ne l’étaient en 1993.
C’est dans ce cadre que vient d’être signé, le 27 novembre 2007, l’accord d’Annapolis, qui relance les négociations de paix entre Ehoud Olmert et Mahmoud Abbas : un incontestable succès diplomatique, certes, mais qui laisse en suspens tous les problèmes réels : les frontières de l’Etat palestinien, le statut de Jérusalem et la question du retour des réfugiés palestiniens dans la terre d’où ils ont été chassés. La dissonance du carré ME-NE par rapport à la zone critique du thème d’Israël laisse supposer que cet accord est loin d’être vierge d’intentions cachées de part et d’autre. Mais, une fois de plus, les discussions ont repris, et une paix fragile pourrait sortir de la lassitude générale à se faire la guerre…
 
Double conclusion
 
Sommes-nous à même, après ces analyses, de trancher par oui ou par non la question relative à une intervention militaire américaine ou israélienne contre l’Iran ? La menace existe, assurément. Mais les bellicistes n’auront pas forcément les moyens de leur politique. Par ailleurs, la menace est peut-être plus efficace que l’action directe, et il se peut que les Etats-Unis et Israël comptent sur elle pour dissocier Ahmadinejad et des mollahs plus conservateurs que radicaux. En tout cas, l’année 2008 s’annonce comme un tournant, préludant à la phase critique du carré UR-PL et aux configurations explosives de 2010. Si la guerre devait éclater durant l’année 2008 en Iran, elle serait sans doute alors le facteur déclencheur d’une crise mondiale d’une ampleur extraordinaire. Mais la crise asiatique prévisible entre 2010 et 2015 est susceptible d’être déclenchée par bien d’autres zones conflictuelles qui sont autant de points de frictions entre les géants asiatiques : la Chine, l’Inde et, dans une moindre mesure, le Japon.
Par ailleurs, on peut considérer que la conjonction JU-PL du 11 décembre 2007 sonne déjà l’ouverture de l’année 2008 : puissante configuration, à la fin des signes Mutables (en conjonction  ainsi avec le Centre Galactique) et pleine de multiples résonances avec nombre de thèmes nationaux ou individuels. Dans la mesure où, en ce qui concerne la Russie, cette conjonction coïncide avec les élections législatives (le 2 décembre) et touche directement MA dans le thème de Vladimir Poutine, on en sent déjà les effets que l’on pourrait qualifier de « tentation de passage en force » : c’est en effet un véritable plébiscite qui s’annonce en Russie, accompagné d’une crispation du pouvoir à l’occasion de manifestations d’opposants à Saint-Pétersbourg et à Moscou ; certes, Vladimir Poutine a retenu la leçon de la « révolution orange » en Ukraine, largement suscitée par des officines américaines, mais ces crispations, comme l’a reconnu Bernard Kouchner lui-même, ne remettent pas en cause la tenue d’élections démocratiques dans un pays qui n’en avait pas connu durant toute la période du pouvoir communiste, de 1917 à 1989.
 
 
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« Tentative de passage en force » qui se lit également, dans le champ politique français, dans les thèmes de personnalités et de partis aussi divers que le Front National, le Parti socialiste et la Ligue Communiste Révolutionnaire : au dernier congrès du Front National, Jean-Marie Le Pen tente d’imposer la succession prochaine de sa fille Marine ; Ségolène Royal est sans doute toujours disposée à rénover le Parti socialiste selon son cœur et contre les « éléphants » du parti ; Olivier Besancenot veut profiter de son prestige dans la mouvance d’extrême-gauche et de l’affaiblissement des liens entre le Parti socialiste et les mouvements sociaux pour lancer un nouveau parti combatif. Autant de projets que la conjonction JU-PL vient stimuler par ses résonances dans les thèmes individuels et collectifs. Et c’est aussi un « passage en force » que représente la volonté du président Sarkozy de faire voter par le Parlement français un traité prétendument « simplifié » qui est la copie conforme du projet de Constitution européenne que le peuple français a rejeté très nettement (avec 55% de non) lors du référendum du 29 mai 2005.
 
 
 
 
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Les turbulences inhérentes aux relations internationales ne devraient pas faire oublier l’importance de cette première décennie du XXIe siècle en rapport avec le cycle fondamental de l’astrologie mondiale : en effet, le cycle NE-PL traverse, de 2001 à 2011, une phase de septile (aspect de 51°30) et il se trouve que la manifestation la plus spectaculaire, nous semble-t-il, de cette phase particulièrement dynamique, est constituée par l’extraordinaire expansion de notre système solaire eu égard aux récentes découvertes effectuées depuis le début de ce siècle. 
 
 
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L’orbite excentrique de l’objet 2003 UB 313 – qui a reçu depuis le nom d’Eris (déesse de la Discorde, et dont le satellite porte désormais le nom de Dysnomie (déesse de l’Anarchie) – vient déjà perturber la belle ordonnance du système solaire que l’orbite de PL ne faisait que troubler légèrement. Mais l’inclusion de ce système dans l’orbite très elliptique de Sedna vient faire de notre système solaire traditionnel le centre lourd d’une sorte d’œuf cosmique – ce qui rejoint admirablement l’intuition des cosmogonies traditionnelles. Ce fabuleux élargissement du système solaire jusqu’aux confins de la ceinture de Kuiper ne manquera pas d’entraîner des transformations en profondeur de la conscience astrologique. Nous y reviendrons dans un prochain article.
 
Charles Ridoux
Amfroipret, le 15 décembre 2007 
 
 


[1] CAVALIER Philippe, Les Anges de Palerme, Editions Anne Carrière, 2006.
[2] GALLOIS Pierre-Marie, Devoir de vérité, Cerf, 2003.
[3] AKOUNINE Boris, Altyn Tolobas,   L’Amant de la mort.  
[4] Voir à ce propos le chapitre I de notre ouvrage Evolution géopolitique du monde, intitulé : « Des Balkans au Caucase : la diagonale verte » (Ed. du Rocher, 2002).
[5] CHAUPRADE Aymeric, « Les laboratoires de la puissance américaine », La Nouvelle Revue d’Histoire, n° 30, mai-juin 2007, pp. 26-28.
[6] BARBAULT André, « Vers la paix au Moyen Orient ? », 18 janvier 2005, site : www.andrebarbault.com.
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