Charles Ridoux
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Du Kosovo à l'Ossétie
 
Du Kosovo à l’Ossétie
 
La guerre en Géorgie a débuté au cœur de la nuit du 7 au 8 août 2008 (jour de l’ouverture des Jeux Olympiques à Pékin), lorsqu’elle les troupes géorgiennes, sur ordre du président Mikhaïl Saakachvili ont lancé un assaut sur Tskhinvali, capitale de l’Ossétie du Sud, entraînant une inévitable riposte de la Russie. Cette agression faisait suite à une série d’échauffourées qui témoignaient d’une montée de la tension depuis le printemps dernier ; au début juillet déjà, la Géorgie avait bombardé des villes d’Ossétie du Sud. Au matin du 8 août, la Géorgie déclare que ses troupes contrôlent Tskhinvali mais celles-ci sont repoussées en quelques heures par une grande contre-offensive russe : chars et soldats pénètrent profondément en territoire géorgien. Le 15 août, la Géorgie signe un accord de cessez-le-feu négocié par la France au nom de l’Union européenne ; le lendemain, la Russie signe à son tour cet accord. Cependant, à partir du 19 août, la tension monte après une réunion à Bruxelles de l’OTAN, qui enjoint à la Russie de retirer toutes ses troupes de Géorgie. Par ailleurs, L’OTAN crée une commission OTAN-Géorgie chargée de superviser la coopéation entre ce pays et l’Alliance atlantique ; en réponse, la Russie gèle officiellement, le 21 août, sa coopération militaire avec l’OTAN – ce qui risque d’embarrasser les opérations militaires en Afghanistan. Le jeudi 21 août encore, l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie, provinces séparatistes de la Géorgie, demandent à la Russie de reconnaître officiellement leur indépendance. Le samedi 23 août, le retrait des troupes russes est effectif, mais la Russie conserve des positions stratégiques autour du port de Poti, sur la Mer Noire, et le Parlement géorgien vote la prolongation de l’état de guerre jusqu’au 8 septembre.
 
 
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Le thème de la guerre (dressé pour Tskhinvali à 23h TU le 7 août 2008) présente deux signatures cycliques majeures : une opposition MA-UR au carré de PL et SA au mi-point d’UR/NE. Les deux éléments de cette configuration sont activés par la LU au sextile de SA et en dissonance avec l’opposition MA-UR. Au plus fort de la crise, lorsqu’elle celle-ci va s’internationaliser avec la réaction de l’OTAN, MA est au carré exact de PL et la LU sur le mi-point SA=UR/NE ((le 17 août). On peut encore relever le fait que l’AS de ce thème de la guerre de Géorgie tombe sur le JU des Etats-Unis (à 6° Cancer).
 
 
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Les deux configurations majeures de ce thème permettent de bien situer les événements en cours dans le cadre général du développement des relations internationales depuis la chute du cmmunisme en Russie et depuis l’accession des Etats-Unis au rang de super-puissance.
Après son opposition à PL (2001-2002) qui accompagna le coup de tonnerre des attentats de New York le 11 septembre 2001, enclenchant dans leur suite les guerres d’Afghanistan puis d’Irak, SA transite entre 2006 et 2010 la zone d’UR et de NE qui, depuis leur conjonction de 1993, se trouvent maintenant dans une phase de semi-sextile évolutif. De septembre 2006 à juin 2007, la pièce maîtresse dans le ciel fut l’opposition SA-NE, en corrélation, depuis la conjonction de 1917 (à 5° Lion), avec les destinées de la Russie ; c’est sous cette opposition que fut réglée la succession de Vladimir Poutine, conformément à la fois à la Constitution de la Russie (qui exclut trois mandats successifs) et aux impératifs de continuité dans le redressement national après la banqueroute totale qu’a connue le pays sous le règne de Boris Eltsine au sortir de 72 ans de régime communiste. Du 4 novembre 2008 (date des élections présidentielles aux Etats-Unis) jusqu’à l’été 2010, l’opposition SA-UR, en corrélation avec les destinées de l’Amérique depuis l’essor de son empire sous la conjonction de 1898 (annexion d’Hawaï, contrôle sur Porto-Rico et les Philippines à la suite de la guerre hispano-américaine) prend le relais. Entretemps, de l’automne 2007 à l’automne 2008, SA transite au mi-point UR/NE, dans une zone qui couvre de 3° à 8° des signes Mutables. Cette intrication des éléments neptunien et uranien peut correspondre à une phase de tension ou de rééquilibrage entre les deux puissances majeures, quoique inégales, que sont les Etats-Unis et la Russie.
C’est sous ce transit de SA au mi-point UR/NE qu’ont eu lieu deux événements que plusieurs commentateurs n’ont pas manqué de mettre en relation : la proclamation unilatérale de l’indépendance du Kosovo, berceau national des Serbes depuis des siècles, le 17 février 2008 ; et le déclenchement de la guerre de Géorgie le 7 août suivant avec l’offensive lancée par l’armée géorgienne contre l’Ossétie du Sud, qui a été artificiellement rattachée en 1922 à la Géorgie par la volonté du pouvoir soviétique.
 
 
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Le jour de la proclamation de l’indépendance du Kosovo, le SO, conjoint au NN, formait un relais harmonique à une opposition MA-PL. Le mi-point MA/PL tombait exactement sur la conjonction SA-UR de 1988, tandis que le SO se trouvait au trigone de la conjonction SA-PL de 1982. Ce lien avec les deux thèmes-racines que sont les grandes conjonctions, peut éclairer à la fois l’implication des Etats-Unis dans la question du Kosovo (et plus largement dans les Balkans) et les origines de cette crise, qui constitue une étape supplémentaire dans la marche vers la constitution d’une Grande Albanie. Ce qui est en cause, c’est l’héritage laissé aux populations yougoslaves après la disparition de Tito : une sortie du communisme qui s’est effectuée au travers de guerres sanglantes, dont la Serbie est sortie exsangue et diabolisée par les puissances occidentales (Etats-Unis et Union européenne), alors que son alliée naturelle, la Russie, était dans l’impuissance de lui porter un secours efficace.
 
 
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C’est également une sortie du communisme opérée dans des conditions catastrophiques qui permet de comprendre le drame actuel que vivent les populations du Sud-Caucase. Après avoir connu son apogée vers la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, la Géorgie, chrétiene depuis l’an 330, fut constamment en butte à des occupations par les Turcs et par les Persans ; elle trouva dans la Russie un protecteur qui la délivra de l’emprise de ses voisins musulmans, mais qui, par l’incorporation à l’empire des Tsars, eut naturellement tendance à pousser à la russification, comme c’était d’ailleurs le cas dans les pays baltes. Après l’effondrement du régime suite à la révolution de Février 1917, puis dans le climat de guerre civile qui suivit le coup d’Etat bolchévique en octobre de la même année, la Géorgie - suivant en cela les démarches analogues de la Pologne, de la Finlande et des pays baltes – proclama son indépendance le 26 mai 1918. Le thème du nouveau pays se caractérise par la conjonction SA-NE en Lion, mais aussi par un carré MA-JU en relation avec l’axe des Nœuds lunaires. Cette dernière configuration est activée le 7 août 2008, lors de l’agression géorgienne contre l’Ossétie du Sud, par l’opposition MA-UR, tandis que SA transite au carré de la LU natale.
Les Géorgiens s’étant placés, après la proclamation de leur indépendance, sous la protection des Allemands, ils furent d’abord occupés par les Anglais après la chute des puissances centrales à la fin de 1918. En dépit de la reconnaissance de la république de Géorgie par les Alliés en janvier 1921, l’Armée rouge installait à Tbilissi un régime soviétique et le 12 mars 1922 la Géorgie était annexée à l’URSS au sein d’une république fédérative socialiste soviétique de Transcaucasie. UR transite alors au DS du thème de 1918 (zone sensible de 8° des signes mutables – transitée en 2008 par le mi-point SA/UR). Le pays va connaître un cruel processus de soviétisation imposé par Staline et par Ordjonikidzé, tous deux Géorgiens, avec des persécutions contre l’Eglise et l’exécution de milliers de militants nationalistes. Le 5 décembre 1936, la république de Transcaucasie est dissoute : la Géorgie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan deviennent des républiques à part entière au sein de l’URSS. Le thème de ce jour est éloquent et en étroite corrélation avec celui de l’indépendance de 1918 : l’opposition SA-NE touche le carré MA-JU, tandis qu’UR vient ajouter tout un réseau de dissonances à la configuration-clé (carré MA-JU dans l’axe des Nœuds). Nous voyons ainsi se dessiner une cohérence dans les facteurs-clés du thème de la Géorgie (cycle SA-NE et dissonance MA-JU dans l’axe des Nœuds), qui se retrouve dans les moments dramatiques de l’été 2008.
 
 
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Un des drames de la Géorgie, c’est que le pouvoir soviétique, jonglant de la manière la plus désinvolte avec les nationalités, a suscité deux questions épineuses qui sont au cœur du conflit actuel : l’Abkhazie, jusqu’alors rattachée à la fédération de Russie, est rattachée en 1931 par Staline au sein de la Géorgie ; les Abkhazes (actuellement au nombre de 250 000 habitants environ) réclament dès 1978 le retour à la situation qui prévalait avant 1931. Les Ossètes, qui sont des Indo-Européens en majorité chrétiens – et que l’on connaît par les savants travaux du linguiste Emile Benveniste[1] et de Georges Dumézil qui a étudié leurs passionantes Légendes sur les Nartes[2] – sont coupés en deux zones : le Nord, intégré à la fédération de Russie, le Sud rattaché en 1922 à la république soviétique de Géorgie. Au moment de la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989, l’URSS accorde à l’Ossétie du Sud l’autonomie vis-à-vis de la Géorgie. Il va s’ensuivre, entre décembre 1990 et juin 1992, une guerre entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud, qui cause 4 000 morts et 60 000 déplacés. En juin 1992 est signé un armistice entre Russes, Géorgiens et Ossètes, avec la création d’une « force de paix » tripartite. Lors d’un référendum tenu en novembre 2006 (au temps de l’opposition SA-NE), les Ossètes se prononcent à 99% pour l’indépendance.
A la différence d’autres républiques de l’URSS, la Géorgie a recouvré son indépendance, au moment de la dislocation de l’empire soviétique, dans les pires conditions : guerre civile, affrontements interethniques, isolement économique, montée des mafias. Durant la fin de l’époque soviétique, Edouard Chevardnadzé, chef du KGB local, avait pris la direction du PC géorgien en 1972, avant de devenir le ministre des Affaires étrangères de Mikhaïl Gorbatchev, de 1985 à 1990. Arrivé au pouvoir, le chef de l’opposition, Zviad Gamsakhourdia va donner au nouveau régime une dérive autoritaire et chauvine, entraînant une guerre civile entre divers courants démocrates géorgiens. Après la fuite de Gamsakhourdia en janvier 1992, l’ancien communiste Edouard Chevardnadzé revient au pouvoir, mais les combats continuent en Ossétie et en Abkhazie. Ayant perdu les élections législatives en novembre 2002, mais ne reconnaissant pas sa défaite, Edouard Chevarnadzé provoque des manifestations de l’opposition qui investit le Parlement et obtient la démission du président contesté (22-23 novembre 2002). Le 4 janvier 2003, Mikhaïl Saakachvili est élu président : la configuration-clé est activée par l’opposition SA-PL qui tombe sur JU et l’axe des Nœuds, ainsi que par des aspects harmoniques d’UR et dissonants de NE.
 
 
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Les problèmes internes à la région – terrible arriération économique, conflits interethniques, absence de stabilité politique et de vie démocratique (aussi bien avec Saakachvili que sous ses prédécesseurs) – ne sont qu’un aspect finalement secondaire de la question. La Géorgie et le Caucase, comme le Kosovo et les Balkans en général constituent en effet des zones stratégiques de première importance dans le grand jeu des puissances et, dans notre livre sur L’Evolution géopolitique du monde[3], nous avons repris à Alexandre Del Valle l’expression de « diagonale verte » pour qualifier des visées expansionnistes à la fois pan-turques et pan-islamiques dirigées, d’une part, vers le « ventre mou » du continent européen que constituent les Balkans, et de l’autre vers le Caucase. Ces deux zones sont à la confluence de trois tendances profondes qui sous-tendent les relations internationales depuis la fin de l’Union Soviétique : 1° la troisième vague d’expansion de l’Islam depuis l’Hégire (signée astrologiquement par le trigone de la triple conjonction SA-UR-NE de 1993 en Capricorne à la même triple conjonction de l’année 625 en Vierge, au moment de la naissance de l’Islam) ; 2° l’accession des Etats-Unis au rang de super-puissance, consécutive à l’abaissement de la Russie après la chute du communisme (signée astrologiquement par la conjonction SA-UR de 1988 à 29° du Sagittaire) ; 3° la position stratégique de ces régions dans le trafic pétrolier et gazier entre la mer Caspienne et l’Europe.
L’intrication de ces facteurs , qui mettent en jeu des intérêts souvent contradictoires, a tendance à brouiller deux types de logiques stratégiques : la logique coopérative des intérêts civlisationnels et la logique égoïste des intérêts nationaux. La réaction des grandes puissances aux attentats de New York du 11 septembre 2001 est à cet égard révélatrice. Dès l’annonce du drame, Vladimir Poutine a proposé son aide aux Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme, et la Russie a facilité l’intervention américaine en Afghanistan. En réponse, au lieu de construire un véritable partenariat avec une Russie délivrée des démons du communisme, les Etats-Unis ont mené une stratégie d’encerclement qui peut, à juste titre, inquiéter cette puissance. Alors que le Pacte de Varsovie s’est dissous, l’OTAN, dont la fonction était jusque-là défensive, s’est transformé en pièce maîtresse dans la projection de puissance des Etats-Unis. Il n’est que de voir ue carte de l’expansion de l’OTAN en Europe pour comprendre les crispations de la diplomatie russe. La perspective d’une intégration à l’OTAN de l’Ukraine et de la Géorgie ne peuvent être ressenties, du côté russe, que comme une provocation et une sérieuse menace. Cette stratégie américaine est celle qu’a exposée sans ambages l’ancien conseiller de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski[4], dans son ouvrage Le Grand Echiquier. Ce qui est visé, c’est la faillite complète de la Russie dans les ex-républiques soviétiques et dans l’ensemble de l’Eurasie. Brzezinski met en valeur l’alliance anti-russe - qui, placée sous le patronage de Washington, réunirait l’Ukraine, la Géorgie, l'Ouzbékistan, l'Azerbaïdjan et la Moldavie - et il insiste sur le rôle essentiel joué par l’Ukraine dans cette politique de refoulement :
 
L'indépendance de l'Ukraine modifie la nature même de l'État russe. De ce seul fait, cette nouvelle case importante sur l'échiquier eurasien devient un pivot géopolitique. Sans l'Ukraine, la Russie cesse d'être un empire en Eurasie. Et quand bien même elle s'efforcerait de recouvrer un tel statut, le centre de gravité en serait alors déplacé, et cet empire pour l'essentiel asiatique serait voué à la faiblesse, entraîné dans des conflits permanents avec ses vassaux agités d'Asie centrale.
 
La crise actuelle en Géorgie risque d’être particulièrement dommageable pour la Russie, qui n’y avait aucun intérêt, comme le souligne l’ancien président Mikhaïl Gorbatchev dans une tribune publiée par Libération le 21 août :
 
La Russie ne voulait pas de cette crise. Les dirigeants russes sont suffisamment en position de force sur le plan intérieur, ils n’avaient pas besoin d’une «petite guerre victorieuse». (…) La Russie a été poussée au combat par l’imprudence du président géorgien, Mikhaïl Saakachvili. Lequel n’aurait pas osé passer à l’attaque sans soutien extérieur. La Russie ne pouvait pas se permettre de ne pas réagir. (…) Depuis quelques années, la Russie a été mise devant des faits accomplis : l’indépendance du Kosovo, la sortie du traité antimissile et le déploiement des sites antimissiles dans les pays voisins, ou encore l’élargissement incessant de l’Otan. Le tout sur fond de discours sirupeux évoquant un «partenariat». Ce n’est qu’une mascarade ![5]
 
En revanche, le président géorgien Saakachvili pouvait espérer de cette aventure, même si elle tourne très mal pour lui en apparence, un renforcement de son pouvoir, très contesté dans son pays du fait de la corruption et de ses tendances autoritaires ; par ailleurs, l’internationalisation du conflit lui permet d’obtenir un soutien renforcé des pays occidentaux et peut accélérer le processus d’adhésion de la Géorgie à l’OTAN.
Cette politique dangereuse et belligène pourrait, dans le pire des cas, constituer l’un des détonateurs de la crise qui menace d’éclater dans le monde au moment du carré UR-PL (de 2010 à 2015). Précisément, la guerre de Géorgie, avec un MA opposé à UR et au carré de PL, constitue un des premiers moments d’activation de ce fameux carré UR-PL encore en formation. Certains commentateurs, comme Bernard Guetta, vont jusqu’à parler de « course à l’abîme », ce qui rappelle l’implacable montée vers la guerre qui précéda l’attentat de Sarajevo le 28 juin 1914 :
 
Ces trois jours de guerre, ces destructions, ces morts inutiles sont aussi le fruit de l’incohérence de l’Europe et des Etats-Unis face à la Russie, de leur constante volonté de la contrer sans en avoir les moyens ni, surtout, de vraies raisons de le faire. Dans ce conflit, le problème de fond est que, depuis qu’elle a rebâti un Etat, repris le contrôle de ses matières premières et rompu avec l’alignement diplomatique d’Eltsine sur les Etats-Unis, la Russie inquiète Washington et l’Europe centrale.[6]
 
Et Bernard Guetta d’insister sur le fait que les convergences civilisationnelles entre la Russie et le monde occidental devraient prédominer dans leurs relations : 
 
Ensuite, si cette crise a prouvé une chose, c’est que la politique russe de l’Alliance atlantique n’est ni tenable ni justifiée. Elle n’est pas tenable car les Occidentaux - on vient de le voir - ont trop besoin de la Russie pour se l’aliéner, beaucoup moins en raison de son pétrole que des défis géopolitiques posés par le monde arabo-musulman et, bientôt, la Chine. En ce début de siècle, l’Occident a besoin du soutien russe, d’un front commun sur la scène internationale qui ne sera pas facile à articuler mais auquel la Russie aspire car ses élites se sentent européennes et qu’elle est au contact direct des troubles de l’Islam et de l’affirmation chinoise.[7]
 
Cette primauté accordée aux intérêts civilisationnels pourrait également constituer un des éléments favorables à la retauration de rapports pacifiques dans le Caucase entre ces deux nations chrétiennes et orthodoxes que sont la Géorgie et la Russie.
 
 
Charles Ridoux
Amfroipret, le 25 août 2008 
 
 
 


[1] BENVENISTE Emile, Études sur la langue ossète, Paris, 1959.                     
[2] DUMEZIL Georges, Romans de Scythie et d'alentour, Paris, 1978.
[3] RIDOUX Charles, Évolution géopolitique mondiale. Le tournant (1980-2020), Éditions du Rocher, Paris, 2002.
[4] BRZEZINSKI Zbigniew, Le Grand Echiquier, Paris, Hachette Littérature, 2000 (Collection Pluriel).
[5] GORBATCHEV Mikhaïl,« La crise dont la Russie ne voulait pas », Libération, 21 août 2008.
[6] GUETTA Bernard, « Russie-Géorgie : la vraie raison de cette guerre », Libération, 14 août 2008. .
[7] Ibid.
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Note additionnelle – 28 août 2008 
 
On trouvera sur le site suivant des éléments susceptibles d’alimenter la réflexion à propos de la complexité de la situation dans la région du Caucase et de la nature des tribulations subies par le peuple ossète (70 000 habitants en Ossétie du Sud sur 4,7 millions en Géorgie) :
 
 
Ce site est animé par un Français qui, comme naguère Georges Dumézil, a appris la langue des Ossètes par intérêt pour leurs Légendes sur les Nartes qui constituent un des joyaux de la culture indo-européenne.
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